Kinshasa, 5 juillet 2026 (ACP).- L’ignorance des fondamentaux de la rumba congolaise en République démocratique du Congo a été présentée lors d’une tribune d’un analyste culturel suivi dimanche à Kinshasa par l’ACP, comme l’une des causes de l’éloignement de la musique contemporaine de son identité originelle.
« La musique congolaise telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui n’est plus de la rumba. Ce qui se fait actuellement est aux antipodes de la rumba des années 1950 à 1970. L’ignorance des fondamentaux a fini par tuer la rumba congolaise », a déclaré Dary-Abega analyste culturel.
Selon lui, la rumba congolaise moderne, héritée de Joseph Kabasele « Grand Kallé », reposait sur une orchestration complète comprenant notamment les cuivres, les congas, la contrebasse, les maracas et des instruments électriques, tout en respectant un code vestimentaire sobre inspiré des grands orchestres de l’époque.

L’analyste a rappelé que les pionniers de ce courant, notamment Wendo Kolosoy, Henri Bowane et Grand Kallé, avaient façonné une musique influencée par les sonorités cubaines, avant qu’elle ne soit perpétuée par des orchestres tels qu’African Jazz, Rock-a-Mambo, Bantous de la Capitale, African Fiesta, Bella Bella ou encore Vévé.
« Depuis l’avènement de Zaïko, la musique congolaise n’est plus la même. La rumba est bien morte. Ce qui se fait aujourd’hui est aux antipodes des années 1950-1970 », a-t-il soutenu.
Pour Dary-Abega, la rupture est intervenue à la fin des années 1960 avec l’apparition de Thu Zahina, puis de Zaïko Langa-Langa, qui ont progressivement abandonné les instruments à vent et les codes esthétiques de la rumba classique au profit d’une musique plus rythmée, dominée par la batterie, les guitares et le « cavacha ».
L’analyste a, en outre, estimé que plusieurs vedettes actuelles de la musique congolaise évoluent dans des styles différents de la rumba originelle, tout en s’interrogeant sur la définition de la rumba congolaise inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO.
Inscrite en 2021 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO, la rumba congolaise est née de la rencontre entre les traditions musicales du bassin du Congo et les rythmes afro-cubains. Elle s’est imposée à partir des années 1940 grâce à des figures comme Wendo Kolosoy, Henri Bowane, Joseph Kabasele « Grand Kallé », Franco Luambo et Tabu Ley Rochereau, avant d’évoluer vers d’autres courants musicaux au fil des décennies. ACP/ SA (SP)

