RDC : mise au point sur la chanson  ‘‘Kitamata’’ au cœur d’une polémique 

Kinshasa, 20 septembre 2026 (ACP).- Une mise au point a été faite dimanche à l’ACP par l’ancien chroniqueur de musique Zacharie Bababaswe sur la reprise de la chanson ‘‘Kitamata’’  qui divise le chanteur congolais Fally Ipupa et la famille  biologique du défunt Josky Kiambukuta reconnu comme auteur-compositeur de l’œuvre musicale en République démocratique du Congo (RDC).      

« Ça allait m’étonner que la chanson ‘‘Kitamata’’ soit retirée du Play-liste dans le streaming sous-prétexte que les héritiers biologiques de Kiambukuta auraient réclamé le droit d’auteur. Car Fally a toujours pris des dispositions pratiques avant toute reprise. Le cas que je connais est de la chanson « Eloko » du feu Mabele Elisi », a signifié le député Zacharie Bababaswe, proche de Fally.

Pour lui, Ipupa est un artiste professionnel qui est bien entouré et qui maîtrise parfaitement le fonctionnement juridique de l’industrie musicale mondiale.  Donc, renseigne il ne peut pas s’hasarder de reprendre une chanson, une phrase ou une mesure rythmique  d’un autre musicien sans avoir une autorisation au préalable de son auteur ou des successeurs de l’œuvre.  

« Concernant la chanson ‘‘Kitamata’’, je vous assure que ça se gère bien…(…) Les frères de Josky qui n’ont pas cerné tous les contours, ont voulu en faire un problème.  Et pourtant, les enfants de Kiambukuta (ayants-droits directs) se sont interposés et les frères du défunt se sont rétractés. Ces derniers ont souhaité que le Chevalier pensent aussi à eux », a- révélé M. Bababaswe. 

Selon certains indicateurs, ‘‘Kitamata’’ est l’un des meilleurs titres rumba dans le nouvel album ‘‘XX Delirium’’ du chevalier Fally Ipupa  qui se comporte bien en terme d’écoute au niveau des plateformes digitales. 

Du point de vue socio-anthropologique de l’art, la reprise de cette chanson a été qualifiée d’un  acte de mémoire qui permet de faire redécouvrir Josky Kiambukuta à la nouvelle génération des mélomanes. 

« Fally a fait ce que font les grands artistes partout dans le monde. Grâce à lui, des gamins de Bruxelles, Paris, Kinshasa, Brazzaville, Abidjan, Nairobi ou Johannesburg ont tapé le nom de Josky Kiambukuta dans une barre de recherche. Et ça, c’est déjà une victoire pour la mémoire de la musique congolaise », a déclaré Alain Mabanckou, analyste culturel et écrivain de renom.

« Un artiste capable de réveiller la mémoire d’un autre grand artiste et de remettre son œuvre au goût du jour accomplit quelque chose d’important. Une chanson appartient à tous dans l’oreille, mais juridiquement, elle appartient à quelqu’un. Josky a laissé une voix, une œuvre, mais aussi des héritiers et des ayants droit », a-t-il ajouté.

Appel au dialogue entre Fally et les frères de Kiambukuta 

S’agissant de réclamation formulée par la famille biologique de Kiambukuta, l’écrivain appelle à une issue concertée entre l’artiste et les ayants droit, privilégiant le dialogue à la place de polémique.

« Aujourd’hui, tous ceux qui veulent encore entendre Josky respirer à travers sa musique souhaitent aussi que sa mémoire soit respectée. Alors, que “Kitamata” revienne, avec le nom de Josky Kiambukuta clairement mentionné et les questions de droits réglées en amont, avant la sortie, plutôt que dans des communiqués après publication », a-t-il soutenu.

L’analyste a, en outre, appelé à l’instauration d’une règle de bonne conduite pour toute reprise dans la rumba, afin de mieux protéger le patrimoine musical congolais et garantir les droits des héritiers.

« La règle devrait être simple pour toute la rumba : celui qui reprend une œuvre règle d’abord les droits, celui qui hérite perçoit ensuite ce qui lui revient, et le public, lui, profite de la musique. Une génération qui protège ses classiques vaut mille fois mieux qu’une génération qui les enterre une seconde fois», a-t-il conclu.

ACP/ STJ  (SP)

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