Kinshasa, 19 juillet 2026 (ACP)-Les principes essentiels de l’assurance et de la banque, avec un accent particulier sur leur rôle dans le développement économique de la République démocratique du Congo, sont décortiquées dans l’ouvrage « Fondamentaux des assurances et banque » du Professeur Modeste Bahati et dont le vernissage s’est déroulé samedi.
En effet, l’auteur montre que ces deux secteurs, bien que distincts, sont étroitement liés par leur mission commune de mobilisation de l’épargne, de financement de l’économie et de gestion des risques.
De l’étude des assurances
L’assurance est définie ici par l’auteur comme une technique financière et juridique permettant de protéger les personnes et les biens contre les conséquences financières des risques.
A l’en croire, l’assurance repose sur un contrat par lequel l’assureur s’engage à indemniser l’assuré en cas de réalisation d’un événement incertain, en échange du paiement d’une prime.
« L’assurance est ainsi fondée sur un pacte de confiance entre l’assuré et l’assureur », a-t-il souligné.
L’auteur explique ensuite les principaux concepts de l’assurance : l’assuré, l’assureur, la prime, le risque, le sinistre, la police d’assurance, l’indemnité et le bénéficiaire. Ces notions constituent le vocabulaire de base indispensable à la compréhension du secteur.
« L’assurance est également présentée sous ses dimensions technique, juridique et économique, ce qui permet de comprendre son importance dans la protection des patrimoines et dans la stabilité économique et sociale », note le Professeur Modeste Bahati.
L’ouvrage retrace ensuite l’histoire de l’assurance depuis les premières formes de solidarité dans l’Antiquité jusqu’au développement des assurances modernes. Les premières pratiques de mutualisation des risques apparaissent en Égypte, en Grèce et en Mésopotamie. Plus tard, l’assurance maritime, fondée sur le « prêt à la grosse aventure », devient le point de départ de l’assurance moderne. Avec la révolution industrielle, de nouveaux risques apparaissent et favorisent l’essor des assurances contre les incendies, les accidents, la maladie, la responsabilité civile et les dommages aux biens.
Le sénateur insiste sur les deux piliers fondamentaux de l’assurance : la probabilité et la multitude. La probabilité permet à l’assureur d’évaluer statistiquement le risque afin de fixer le montant des primes grâce aux méthodes actuarielles. La multitude repose sur la mutualisation des risques entre un grand nombre d’assurés, ce qui permet d’indemniser ceux qui subissent effectivement un sinistre. Sans ces deux principes, l’activité d’assurance ne pourrait être viable.
Le livre présente également les différentes catégories d’assurances : assurances de personnes, assurances de biens, assurances maritimes, terrestres et aériennes, ainsi que les assurances de responsabilité civile, habitation, santé, automobile, construction, crédit et réassurance. Chacune répond à un besoin spécifique de protection contre les aléas de la vie économique et sociale.
Une attention particulière est accordée au rôle de l’État dans la régulation du secteur. L’assurance se caractérise par « l’inversion du cycle de production » : l’assureur perçoit les primes avant de fournir éventuellement une prestation. Cette particularité justifie un contrôle prudentiel rigoureux afin de garantir la solvabilité des compagnies et la protection des assurés. Les réserves techniques et les placements des compagnies d’assurances constituent ainsi des garanties essentielles pour la sécurité du système.
Dans sa deuxième grande partie, l’ouvrage analyse le contrat d’assurance. Celui-ci est présenté comme un contrat consensuel, synallagmatique, aléatoire, onéreux et d’adhésion. Il définit les droits et obligations de chacune des parties. L’assuré doit déclarer correctement les risques, payer les primes et signaler les sinistres, tandis que l’assureur doit exécuter les prestations prévues au contrat lorsque le risque assuré se réalise.
Enfin, l’auteur met en évidence les liens étroits entre l’assurance et la banque. Les compagnies d’assurances collectent des primes et constituent d’importantes réserves financières qu’elles placent dans l’économie, notamment par l’intermédiaire des banques. De leur côté, les banques collectent les dépôts du public et les transforment en crédits destinés au financement des ménages, des entreprises et des investissements. Ensemble, elles contribuent à la mobilisation de l’épargne, à la sécurisation des activités économiques et à la croissance nationale. La bancassurance, qui permet aux banques de distribuer des produits d’assurance, illustre parfaitement cette complémentarité.
Conclusion
Cet ouvrage constitue un manuel de référence pour comprendre les mécanismes fondamentaux de l’assurance et de la banque. Il montre que ces deux secteurs jouent un rôle stratégique dans la gestion des risques, la protection des personnes et des biens, la mobilisation de l’épargne et le financement du développement économique. Dans le contexte de la RDC, leur modernisation, leur régulation efficace et leur digitalisation apparaissent comme des leviers essentiels pour renforcer l’inclusion financière et soutenir une croissance durable dans un environnement humain exempt d’antivaleurs.

Qui est réellement l’écrivain Modeste Bahati Lukwebo ?
Chercheur rigoureux et enseignant passionné, homme politique engagé, le Professeur Modeste Bahati Lukwebo est un écrivain prolifique. Il a dans son actif deux diplômes de doctorat, un professorat, un mandat de sénateur.
Il est fondateur statutaire du parti politique Alliance des forces démocratiques du Congo (AFDC).
Cet intellectuel de premier plan, deux fois Docteur à thèse, homme d’Etat et homme de société, science et lettres dont la plume continue d’enrichir les débats publics et la pensée nationale, fait partie de ces rares personnalités dont le parcours réunit avec harmonie le monde académique, la gestion publique, les finances et l’engagement politique.
Il est auteur d’une vingtaine de livres édités et non édités. Il a notamment été ministre du Budget, ministre de la Fonction publique, ministre du Travail et de la prévoyance sociale, ministre de l’Economie nationale (deux fois), ministre du Plan et des investissements, au sein de six gouvernements nationaux différents.
Il a également dirigé la Société nationale d’assurance (SONAS) en qualité du Président délégué national (PDG). Il est élu plusieurs fois député national, questeur de l’Assemblée nationale avant d’être porté à la présidence du Sénat de la RDC. Il siège aujourd’hui en qualité de sénateur après avoir exercé les fonctions du deuxième vice-président de cette Chambre haute du Parlement qu’il abandonna pour se concentrer entièrement à la rédaction de son livre porté dimanche sur les fonts baptismaux. ACP/C. L.

