RDC : un acteur culturel plaide pour  le l’industrialisation  de son  secteur

Kinshasa, 24 juillet 2026 (ACP).- Le secteur culturel de la République démocratique du Congo (RDC)  a accumulé un retard dans son développement en raison de l’absence d’une véritable industrialisation et d’un écosystème économique structuré, selon un manager sectoriel joint vendredi à l’ACP.

« Après plus de 60 ans d’indépendance, il est temps de repenser le secteur culturel congolais. Nous devons passer à l’étape de l’industrialisation », a déclaré Lord Kindombo, manager culturel.

Selon lui, la création artistique est bien présente en RDC, mais elle ne s’accompagne pas d’une véritable industrie culturelle capable d’assurer la production, la distribution et la commercialisation des œuvres sur des plateformes professionnelles.

« Sur le plan commercial, nous dépendons encore d’autres pays. Il est difficile de diffuser sa musique sur des plateformes professionnelles, de devenir éditeur ou distributeur officiel ou encore de trouver de véritables producteurs capables d’accompagner les artistes jusqu’au niveau international », a-t-il expliqué.

Abordant la gouvernance du secteur, M. Kindombo a estimé que la politique culturelle congolaise demeure méconnue du grand public, des artistes et de nombreux opérateurs culturels.

Il a recommandé au ministère de la Culture, Arts et Patrimoine de renforcer la vulgarisation de la politique culturelle, des textes réglementaires ainsi que des dispositions relatives au droit d’auteur et aux droits voisins auprès des artistes, des établissements d’enseignement et des institutions.

Et a également relevé que les producteurs et les opérateurs culturels évoluent dans un environnement dépourvu d’un modèle économique structuré.

« L’État doit créer un climat favorable au développement des industries culturelles afin de permettre aux producteurs de créer, diffuser, distribuer et commercialiser leurs œuvres avant de contribuer aux recettes publiques. Aujourd’hui, cet écosystème n’existe pas encore », a-t-il regretté.

Par ailleurs, il a proposé l’organisation d’un salon national réunissant le ministère de la Culture, Arts et Patrimoine, les producteurs, les managers culturels et les artistes afin d’instaurer un dialogue permanent sur les défis du secteur et les réformes à entreprendre.

Selon lui, cette rencontre, qui pourrait s’étendre sur une semaine, offrirait un cadre d’échanges permettant aux différents acteurs de formuler des propositions et de contribuer à l’élaboration de solutions consensuelles.

Lord Kindombo a également invité les acteurs culturels à formaliser leurs activités en créant des structures légalement reconnues, notamment des agences de communication, des maisons de production et des sociétés de distribution, afin de faciliter leur accès aux opportunités de financement et aux mécanismes d’accompagnement.

Enfin, son  souhait de faire de la culture congolaise un moteur de l’économie nationale et un levier de rayonnement africain grâce à la valorisation du patrimoine culturel, de la musique, de la danse, des arts plastiques et du tourisme.

« Nous avons tous les atouts pour faire de la culture le principal moteur de l’économie nationale et un levier de rayonnement pour l’Afrique. Ce qui nous manque, c’est une prise de conscience collective, la formation et une véritable politique de développement culturel », a-t-il conclu.

ACP / MN

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