Kinshasa, 15 septembre 2026 (ACP).- Cinq propositions destinées à renforcer le rayonnement culturel de la République démocratique du Congo (RDC), notamment la réforme de la Société nationale des éditeurs, compositeurs et auteurs (Soneca), ont été adressées mardi à l’État congolais, par un expert culturel congolais lors d’un entretien avec l’ACP à Kinshasa.
« La RDC a la plus grande richesse culturelle d’Afrique, mais le secteur reste en attente d’un cadre structurant de l’État. Parmi les cinq chantiers urgents que j’adresse aux pouvoirs publics, je cite : protéger et payer les artistes. Aujourd’hui, un musicien congolais est écouté par 20 millions de personnes mais meurt pauvre », a déclaré Yves Kambala, journaliste et expert en industrie culturelle.
Il a plaidé pour le fonctionnement effectif de la Soneca, afin que chaque diffusion d’une œuvre à la radio, sur les plateformes numériques ou dans les bars puisse générer des droits au bénéfice de son auteur. Il a également proposé la création d’un véritable statut de l’artiste, assorti d’une sécurité sociale et d’un régime de retraite.
Des infrastructures culturelles adaptées
Concernant le deuxième chantier consacré aux infrastructures culturelles, l’expert a recommandé la réhabilitation du Palais du Peuple, du Théâtre de Verdure et de l’Académie des Beaux-Arts.
Il a également proposé la construction, dans chaque province, d’une salle de spectacle, d’un musée et d’une bibliothèque, ainsi que la création à Kinshasa d’un Centre national consacré à la rumba et au ndombolo.
L’éducation culturelle dès l’enfance
Abordant le troisième axe relatif à l’éducation, il a estimé nécessaire d’intégrer dans l’enseignement l’histoire de la musique, de la sculpture et de la littérature congolaises.
Il a, en outre, préconisé la création d’écoles publiques de musique et de cinéma afin de favoriser la formation et l’émergence de nouveaux talents.
Financement et exportation de la culture
Pour le quatrième chantier portant sur le financement et l’exportation des œuvres culturelles, Yves Kambala a proposé la mise en place d’un Fonds national pour la culture, alimenté notamment par 1 % du budget minier.
Ce mécanisme, a-t-il expliqué, permettrait de financer les tournées, les productions cinématographiques congolaises et l’ouverture d’Instituts culturels congolais à Paris, Bruxelles, Luanda et Johannesburg.
Lutte contre la piraterie et identité culturelle
Évoquant enfin la lutte contre la piraterie et la valorisation de l’identité culturelle, il a recommandé la fermeture des circuits de commercialisation des CD piratés, ainsi que la protection et la promotion des expressions culturelles congolaises, notamment le pagne, la sape et les langues nationales comme langues de création.
« Le rayonnement ne se décrète pas, il s’organise. La RDC ne manque pas de culture, elle a besoin d’une politique culturelle structurée. Comme l’a dit Franco : “ La musique congolaise est un médicament. L’État doit juste accepter de payer la pharmacie », a-t-il conclu.
ACP/ JST (sp)/BA

