RDC : une œuvre sculpturale perçue comme un élément alliant la cosmogonie des Songye

Kinshasa, 09 mars 2026 (ACP).- Le panneau anthropomorphe « Songye » d’un sculpteur de la République démocratique du Congo (RDC) a été présenté comme une œuvre combinant plusieurs facteurs significatifs du pouvoir de ce peuple originaire du Kasaï, précisément issu de la région de la Sankuru, par un critique d’art congolais joint  par l’ACP lundi sur sa plateforme de discussion.

 « Ce panneau anthropomorphe Songye est une pièce exceptionnelle, car elle combine plusieurs éléments symboliques forts de la cosmogonie et du pouvoir social chez les Songye », a indiqué Delondo Nkishi, critique d’art congolais.

 « Ce type de panneau n’est pas un simple objet décoratif. Il s’agit d’un objet de pouvoir : panneau de porte ou de sanctuaire, il servait de paroi pour une maison de chef ou un lieu où l’on conservait des objets sacrés », a-t-il ajouté.

Selon lui, au sommet, on observe une figure dotée de quatre visages orientés vers les points cardinaux.

« Omniscience et Protection : Cette représentation symbolise la capacité de l’esprit ou du chef à voir tout ce qui se passe dans la communauté, aussi bien les menaces visibles que les forces spirituelles cachées », a-t-il expliqué.

Il a également poursuivi en précisant que : « Le lien avec le ciel : Les têtes sont portées par un cou allongé, marquant la transition entre le monde terrestre (le panneau du bas) et le monde des ancêtres ou des esprits».

M. Nkishi a en outre démontré la signification des motifs centraux.

 « Sur la partie plate (le panneau), on distingue une figure centrale qui ressemble à un reptile (lézard, varan ou crocodile) entouré de deux personnages (…). Symbole de résilience, le lézard est souvent associé à la survie et à la capacité de s’adapter ou de se régénérer », a-t-il éclairé.

Il a renchéri en disant que : « Gardien du seuil : Dans l’art Songye, ces animaux sont des protecteurs. Ils sont souvent sculptés sur des objets de prestige (comme des tabourets ou des panneaux de porte de cases rituelles) pour interdire l’entrée aux influences maléfiques. »

Il convient de signaler que les deux personnages latéraux, donc les deux figurines sculptées en relief de chaque côté de l’animal, représentent des ancêtres ou des membres de haut rang de la société Bwadi bwa Kifwebe (la société secrète des masques). Leurs mains sont souvent posées sur le ventre, un geste symbolisant la lignée, la fertilité et la transmission du savoir de génération en génération. ACP/C.L.

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