Rumba congolaise : Pascal Phoba distingué meilleur parolier du XXIᵉ siècle à titre posthume

Kinshasa, 13 octobre 2026 (ACP).- Un diplôme d’honneur de meilleur parolier de la rumba congolaise du premier quart du XXIᵉ siècle a été décerné à titre posthume à Pascal Phoba par le Conseil national de la musique (Conamu RDC), lors d’une cérémonie funéraire organisée lundi à Kinshasa, en République démocratique du Congo.

« Pascal Phoba, musicien et parolier. En reconnaissance de son exceptionnelle contribution à la rumba congolaise, de la profondeur et de la richesse de son œuvre littéraire, le Conseil national de la musique (Conamu RDC), lui décerne le présent diplôme d’honneur de meilleur parolier de la rumba congolaise du premier quart du XXIᵉ siècle », a déclaré Georges Kinga Diyinda, directeur de communication du Conseil national de la musique.

Selon lui, cette distinction vise à saluer le génie d’un artiste qui a marqué plusieurs générations par la qualité de ses textes. Il a souligné que l’œuvre de Pascal Phoba restera une référence dans l’histoire de la rumba congolaise.

Le directeur de communication du ‘‘Conamu’’ a établi un rapprochement entre Pascal Phoba et Max Mongali, reconnu comme l’un des grands paroliers du XXᵉ siècle, estimant que cette reconnaissance inscrit le défunt artiste dans la continuité de la grande tradition littéraire de la musique congolaise.

Le président de l’Union des musiciens congolais (Umuco), Ados Alemba, a, pour sa part, estimé que « cette distinction met en lumière l’importance du travail du parolier dans la rumba ».

Un parcours marqué par la passion musicale

L’oraison funèbre a été prononcée tour à tour par Pathy Phoba et sa sœur. À cette occasion, Pathy Phoba a rappelé que « très tôt passionné de musique, Pascal Phoba a révélé un talent exceptionnel pour l’écriture et la composition ».

Selon la notice nécrologique lue par la famille, Pascal Phoba a fait ses premières armes dans plusieurs formations musicales.

Une estrade présentant quelques titres de feu Pascal Phoba

« En 1984, il crée « Les Fleurons » à Matonge avec Maryse Kinsala, Robert Kinsala, Yvon Kunga et Cyrille Bolenge, sous le parrainage de Teddy Kinsala, d’heureuse mémoire. Le groupe se produit en tête d’affiche à Immo Congo en 1985 », a-t-il indiqué. Le document a précisé qu’après la dislocation de ‘‘Les Fleurons’’, Pascal Phoba fonde en 1986 ‘‘Tout à Fait Normal’’ dans le quartier Immo Congo, à Kinshasa/Kalamu.

« Parti poursuivre ses études à Lubumbashi en 1987, il y crée l’orchestre « Mosaïque » avant de revenir à Kinshasa en 1996 », a-t-il poursuivi.

« De retour dans la capitale, il lance sa carrière solo. En 1997, il sort son premier album, Réflexion, en featuring avec Papa Wemba, Koffi Olomide, JB Mpiana et Adolphe Dominguez. En 2000, il crée son orchestre, « Lettre P ». Après Réflexion, suivront Sucré Salé et Pyramide Reversé. Il s’en va sans avoir achevé son dernier projet, intitulé Éruption », a-t-il ajouté.

Une plume au service de la rumba

Selon Pathy Phoba, « grâce à sa plume inspirée et à la profondeur de ses textes, il s’est progressivement imposé comme l’un des plus grands paroliers de la musique congolaise contemporaine ».

Les derniers hommages rendus à feu Pascal Phoba

« Parmi ses écrits les plus connus figurent Mwana Pwo (Franc congolais), Tokufa pona Congo », a-t-il cité.

La notice familiale mentionne également plusieurs chansons écrites pour de grandes figures de la musique congolaise, notamment ‘‘Feux de l’amour’’, ‘‘Recto Verso’’ et ‘‘Omba’’ pour JB Mpiana, ‘‘Voyage’’, ‘‘Roco Martini’’ et ‘‘Mission impossible’’ pour Adolphe Dominguez, ‘‘Mama’’ pour Papa Wemba, ‘‘Ami Kapangala’’ et ‘‘Fleur d’amour’’ pour Werrason, ‘‘Prototype’’ pour le Quartier Latin de Koffi Olomide ainsi que ‘‘Mercure’’ pour Ferré Gola.

Un hommage marqué par des absences

La cérémonie a réuni plusieurs acteurs du monde musical, parmi lesquels Godard Motemona, Jadot Le Cambodgien, ancien membre de Viva La Musica, Gina PMF de l’entourage de Fabregas ainsi qu’Andocha Kombo, guitariste et ami du défunt.

Toutefois, l’absence de plusieurs grandes figures ayant interprété les textes de Pascal Phoba a été déplorée par certains participants.

« Je ne m’attendais pas à une telle désolation. Pascal laisse plus de 100 chansons vendues à de grands chanteurs. J’aurais aimé voir cet espace plein de figures emblématiques du pays, au regard de leur lien avec Pascal Phoba. Mais hélas, aucun n’a répondu présent », a regretté Pida Star, parolier congolais et proche du disparu.

La cérémonie s’est achevée par le départ du corps pour la nécropole Entre Ciel et Terre, lieu de sa dernière demeure. Le Conamu a remis à la famille le diplôme de mérite posthume, dernier hommage rendu à l’un des grands paroliers de la rumba congolaise. ACP/S/K/SITA/BA

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