Un peintre sénégalo-français célèbre le vivre-ensemble africain à travers l’œuvre « Pénc Mi »

Kinshasa, 15 juillet 2026 (ACP).- L’importance du vivre-ensemble et des espaces de rencontre en Afrique a été mise en lumière mercredi à Kinshasa, en République démocratique du Congo ( RDC ) , par le peintre sénégalo-français Alioune Diagne, lors d’un entretien accordé à l’ACP autour de son œuvre picturale « Pénc Mi » (l’arbre à palabres, en wolof).

« Ce qui m’inspire dans ce tableau, ce sont les lieux de rencontre et de partage au Sénégal et, plus largement, en Afrique. Le message que je veux transmettre est de montrer l’importance du vivre-ensemble, des valeurs qui nous définissent et qui constituent la clé de la paix en Afrique »,a déclaré Alioune Diagne. 

Selon l’artiste, « Pénc Mi », expression wolof désignant la place du village ou l’arbre à palabres, revisite ce symbole dans un contexte contemporain en représentant un point de rencontre des jeunes livreurs à moto, communément appelés « Tiak Tiak », dans une rue de Dakar.

Réalisée en 2024, cette œuvre de 150 × 150 centimètres, à l’acrylique sur toile, illustre les liens de solidarité qui se tissent au sein de ces espaces de convivialité, où les silhouettes des passants apparaissent dans un effet de mouvement destiné à traduire la dynamique de la vie urbaine.

M. Diagne a expliqué que son langage pictural, baptisé « figuro-abstro », consiste à faire émerger une scène figurative à partir d’une multitude de signes abstraits réalisés spontanément.

« De loin, on devine une figure, une scène. De près, tout explose en milliers de signes. Ces signes sont inconscients, universels et chacun peut les interpréter selon sa propre perception», a-t-il expliqué.

Pour Alioune Diagne, cette œuvre met en lumière les réalités sociales, culturelles et humaines des jeunes livreurs de Dakar, dont les lieux de rassemblement sont devenus de véritables espaces d’entraide, de dialogue et de construction d’une nouvelle culture urbaine africaine.

« Peindre ces lieux, c’est dire : +Vous existez, vous comptez, vous faites culture », a-t-il soutenu.

L’artiste a, en outre, indiqué vouloir susciter chez le spectateur une double expérience visuelle, faite d’abord de curiosité face à la profusion de signes abstraits, puis d’un sentiment de révélation lorsque l’image figurative apparaît dans son ensemble.

Premier artiste sénégalais à représenter son pays à la Biennale de Venise, Alioune Diagne est le créateur du style pictural  » figurant « , caractérisé par l’association de formes figuratives et d’une multitude de signes abstraits. Son travail explore les questions d’identité, de mémoire, de solidarité et de transformations sociales en Afrique à travers une écriture plastique singulière.

 ACP/SP/MN

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