Une exposition d’arts à Kinshasa en hommage aux ancêtres africains déportés

Kinshasa, 09 février 2024(ACP).-Une exposition d’arts dénommée «Sans visage» de l’artiste peintre Géraldine Tobe de la République Démocratiques du Congo, a été ouverte au public, à la halle de la Gombe dans le nord de Kinshasa, en hommage aux ancêtres de l’Afrique déportés pendant la traite négrière, a-t-on appris vendredi de l’artiste.

«C’est une exposition qui célèbre les « Sans visage ». Ce sont des personnes qui ont été déportées de l’Afrique, ayant énormément contribués à des travaux à travers le monde dont l’histoire n’en parle pas souvent. J’ai voulu mettre en lumière nos ancêtres en leur redonnant une identité», a déclaré Géraldine Tobe, auteure.

«C’est aussi une façon de reconnaître et de rendre hommage à toutes les personnes qui travaillent dure, fabriquent des rois et des reines mais demeurent eux-mêmes dans l’ombre des autres, ainsi qu’à tous ceux-là qui nous accompagnent dans nos parcours», a-t-elle ajouté.

Selon elle, ces œuvres d’arts sont d’une importance capitale dans la transmission de l’histoire du berceau de l’humanité. «Nous faisons partie de cette réalité donc en tant qu’artiste, c’est toujours important de regarder l’histoire et de la transmettre dans la création afin de la présenter devant un grand public parmi lequel, plusieurs en sont ignorants», a-t-elle expliqué.

Ces peintures qui conviennent aux spectateurs à la découverte de toutes ces identités presqu’oubliées bien que continuant à traverser l’histoire, laissent découvrir la plasticienne en plaideuse d’espoir pour le droit à la reconnaissance de tous ces inconnus principalement du passé mais aussi du présent qui, à l’ombre de l’histoire, contribuent à façonner l’humanité.

«Des formes tracées au feu et à la fumée exhumées d’une quête intérieure», peut-on apercevoir dans ces tableaux. Une collection d’images retraçant clairement quelques faits d’histoire en RDC a été mise au point, illustrées dans certains dialectes du pays entre autres: le Kikongo, le Tshiluba, le Lingala, le Swahili et tant d’autres.

Lancée jeudi dernier, cette mise en vue de peinture à l’Institut Français, va s’étendre jusqu’au 2 mars de l’année en cours.

Quid sur la présentatrice des œuvres d’art?

Née le 9 février 1992 à Kinshasa en RDC, Géraldine Tobe est une artiste visuelle et activiste congolaise. Elle a été accusée de sorcellerie dans son jeune âge avant d’être soumise pendant un temps de son enfance à des exorcismes cruels et insupportables.

Aujourd’hui artiste peintre et plasticienne, Géraldine réalise ses toiles avec la fumée d’une lampe à huile. Son travail interroge les croyances ancestrales et la place de la religion du colonisateur, avec une description de ses souffrances personnelles, comme celles des femmes et du peuple congolais dans son ensemble.

«Je travaille avec le feu comme pinceau et la fumée comme couleur», a-t-elle dit.

Autrefois étudiante à l’Académie de beaux-arts en peinture, la seule fille de sa classe, elle a acquis durant sa carrière d’artiste, une notoriété internationale, pour avoir exposé dans différents pays du monde et participé à des projets liés à la restitution des œuvres d’art.

En 2018, la plasticienne participait, avec sept autres artistes congolais, à une résidence d’artistes à Leipzig en Allemagne, sous la direction du performeur congolais Eddy Ekete, et créent une «Restitution Box».

En 2019, elle a effectué une visite à l’Africa museum à Tervuren en Belgique où elle découvre des masques et autres objets ethnographiques à caractère sacré dans les réserves du musée et réduits à leur seule valeur artistique.

La finaliste du Luxembourg Art Prize en 2018, est également engagée dans l’art-thérapie avec son projet handicap mental. Elle développe une méthode de traitement basée sur l’expression artistique pour aider à la guérison des malades mentaux. ACP/KHM

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