Algérie : ouverture de la Conférence internationale sur les crimes du colonialisme en Afrique

Kinshasa, 30 novembre 2025 (ACP/APS).- Les travaux de la Conférence internationale sur les crimes du colonialisme en Afrique ont débuté dimanche au Centre international des conférences (CIC) « Abdelatif Rahal » à Alger, sous le haut patronage du président de la République d’Algérie Abdelmadjid Tebboune, a rapporté l’Algérie presse service.

« L’objectif recherché à travers l’organisation de cette conférence est de renforcer la réflexion, mais surtout de consolider l’action collective en vue de criminaliser le colonialisme, l’esclavage, la ségrégation raciale et l’apartheid, et de les classer comme crimes contre l’humanité, conformément aux recommandations pertinentes de l’UA. », a indiqué la source.

Cet événement d’envergure continentale fait suite à la décision du sommet de l’Union africaine (UA), adoptée en février 2025, laquelle a endossé l’initiative du président de la République, d’organiser en Algérie une conférence dédiée à la célébration et à la mise en œuvre du thème de l’année 2025 : « Justice pour les Africains et les personnes d’ascendance africaine à travers les réparations ».

Cette conférence de deux jours s’est ouverte en présence du président du Conseil de la nation Azzouz Nasri, du président de l’Assemblée populaire nationale, Brahim Boughali, de membres du gouvernement et de représentants du corps diplomatique accrédité en Algérie.

Selon la source, des ministres, des juristes, des historiens, des universitaires et des experts du continent africain, des Caraïbes et d’autres régions du monde participent à cette rencontre ayant pour priorité de renforcer une position africaine commune sur les questions liées à la justice historique, aux réparations, à la restitution du patrimoine et à la préservation de la mémoire collective.

« L’Afrique a le droit de réclamer la reconnaissance des crimes commis contre ses peuples durant la période coloniale » (ministre algérien des AE)

En outre, le ministre algérien des Affaires étrangères a souligné dimanche à Alger, que l’Afrique avait le droit de réclamer la reconnaissance « officielle et explicite » des crimes commis contre ses peuples durant la période coloniale.

« Partant de l’expérience amère de l’Algérie contre la colonisation française, elle s’identifie totalement aux buts fondamentaux définis par l’Union africaine (UA) pour cette initiative de l’établissement de la justice historique. L’Afrique a le droit, tout le droit, de réclamer la reconnaissance officielle et explicite des crimes commis contre ses peuples durant la période coloniale », a déclaré Attaf Ahmed, ministre algérien d’Etat, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines. 

« La reconnaissance est la moindre des choses et le minimum que l’on puisse faire dans un premier pas indispensable pour préparer la voie au traitement des séquelles de cette période coloniale, dont les Etats et les peuples africains continuent encore de payer un lourd tribut du fait de l’exclusion, de la marginalisation et du sous-développement subis », a – t – il ajouté.

« Tout comme la communauté internationale qui a criminalisé, par le passé, l’esclavage et les pratiques assimilées, ainsi que la ségrégation raciale, il est temps aujourd’hui de criminaliser le colonialisme lui-même, au lieu de criminaliser certaines de ses pratiques et de ses séquelles », a conclu la source. ACP/C.L

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