Kinshasa, 23 juin 2026 (ACP) .- Le gouvernement burkinabè a exprimé sa « vive » désapprobation après l’adoption d’une résolution du Parlement européen et des déclarations de l’eurodéputé français Christophe Gomart, jugées « mensongères » et empreintes de « mépris » à l’égard du Burkina Faso, ont informé mardi les médias internationaux.
« Notre pays se bat depuis longtemps contre l’insécurité aux côtés du Mali et du Niger. Voir un parlementaire avancer des chiffres erronés sur un pays qu’il n’a jamais visité revient à souiller la sacralité du Parlement européen par un discours aux relents néocoloniaux », a déclaré Karamoko Jean Marie Traoré, ministre burkinabé des Affaires étrangères.
« Le gouvernement dénonce des accusations fondées sur des informations erronées et une méconnaissance des efforts déployés par le Burkina Faso dans la lutte contre l’insécurité », a-t-il ajouté.
Par ailleurs, Karamoko Jean Marie Traoré, a convoqué le chef de la délégation de l’Union européenne au Burkina Faso, Philippe Bronchain, afin de lui faire part du mécontentement des autorités burkinabè.
Selon le chef de la diplomatie, cette démarche vise à exprimer la « désapprobation, la déception » et le « dégoût » suscités par la résolution et les arguments avancés lors des débats au Parlement européen.
Le ministre a également dénoncé une ingérence dans les affaires intérieures du Burkina Faso, rappelant que le pays exerce pleinement sa souveraineté dans la gestion des questions sécuritaires et de son espace civique.
Évoquant les origines de la crise sahélienne, il a estimé que certains responsables européens ignoraient les conséquences de l’intervention de l’Otan en Libye sur la stabilité régionale.
L’ambassadeur de l’Union européenne, Philippe Bronchain, a indiqué avoir pris note du message des autorités burkinabè et s’est engagé à le transmettre aux instances compétentes de l’Union européenne.
Cette convocation intervient dans un contexte de tensions persistantes entre Ouagadougou et certaines institutions européennes autour des questions de sécurité, de gouvernance et de souveraineté.
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