Kenya : des centaines de Burundais cherchent à quitter le pays

Nairobi, 8 septembre 2026 (ACP).– Des centaines de ressortissants burundais se sont rendus lundi à l’ambassade de leur pays à Nairobi pour obtenir des documents de voyage en vue de retourner au Burundi, après l’annonce par le Président kényan William Ruto d’un durcissement des mesures contre les étrangers exerçant de petites activités commerciales sans permis de travail, a appris l’Acp mardi de source administrative.

« Il y a tellement de gens qui sont venus ici et nous ne savons pas quand nous recevrons de l’aide. Je ne rentre pas chez moi par choix. J’ai été forcé de partir », a déclaré Peter Nakumujango, 62 ans.

Selon des témoignages recueillis sur place, plusieurs ressortissants burundais exerçant dans le petit commerce disent craindre les conséquences de la nouvelle politique kényane. Certains affirment également avoir reçu des menaces de voisins depuis les déclarations du Chef de l’État.

L’ambassade du Burundi à Nairobi a commencé lundi à délivrer gratuitement des laissez-passer aux ressortissants souhaitant rentrer au pays. Le gouvernement burundais a, de son côté, annoncé des dispositions en vue de faciliter leur rapatriement, notamment la préparation de bus pour ceux qui souhaitent quitter le Kenya.

Le Président William Ruto avait appelé la semaine dernière les autorités à fermer, à partir de lundi, les petites entreprises exploitées par des étrangers. Le ministère kényan du Commerce a précisé que les mesures concernaient les étrangers exerçant des activités commerciales sans permis de travail. Les autorités ont également indiqué que l’entrée sans visa au Kenya ne conférait pas automatiquement le droit d’y travailler ou d’y exercer une activité commerciale.

Aucune opération de grande ampleur n’a toutefois été observée lundi à Nairobi. Le gouvernement kényan a, par ailleurs, annoncé une période temporaire d’enregistrement destinée notamment aux ressortissants d’Afrique de l’Est dépourvus de documents en règle, afin de leur permettre de régulariser leur situation.

La mesure annoncée par M. Ruto suscite des critiques au Kenya. Des responsables politiques et des défenseurs des droits humains l’accusent notamment de risquer d’alimenter la discrimination à l’encontre des ressortissants étrangers.

ACP/ C I

Fil d'actualités

Sur le même sujet