Kinshasa, 26 mars 2026 (ACP).- La présidence sud-africaine a affirmé jeudi que les Etats-Unis ont fait pression sur la France pour qu’elle renonce à inviter le président sud-africain au sommet du G7 en juin à Evian, dans un nouvel épisode des attaques répétées de Washington contre Pretoria, ont informé les médias internationaux.
«Nous avons appris qu’en raison de pressions continues, la France a dû retirer son invitation à l’Afrique du Sud pour sa participation au G7 (…), on nous dit que les Américains ont menacé de boycotter le sommet du G7 si l’Afrique du Sud était invitée», a déclaré Vincent Magwenya, porte-parole de la présidence.
«C’est le président Emmanuel Macron, qui lors du sommet de ce même G20 en Afrique du Sud, avait personnellement invité Cyril Ramaphosa à participer au G7 (…) la décision de ne plus inviter le chef de l’Etat sud-africain n’aura pas d’impact sur la solidité et le caractère étroit de notre relation bilatérale avec la France», a-t-il ajouté.
En guise de rappel, l’Afrique du Sud est prise pour cible par le président américain depuis son retour à la Maison Blanche, qui accuse Pretoria d’une prétendue persécution des fermiers blancs et lui reproche sa plainte pour des actes de génocide visant Israël dans sa guerre à Gaza, déposée devant la Cour internationale de Justice.
Selon les sources, Donald Trump avait boycotté le sommet du G20 organisé à Johannesburg en novembre dernier et a depuis exclu l’Afrique du Sud des travaux du groupe dont les Etats-Unis assurent cette année la présidence tournante.
Il sied de noter que le G7 regroupe sept pays parmi les plus industrialisés de la planète. Les travaux du groupe sont régulièrement élargis à des pays invités, à l’instar cette année du Brésil, de l’Inde ou de la Corée du Sud.
«La relation diplomatique entre les États-Unis et l’Afrique du Sud existait avant l’administration Trump et survivra au mandat actuel de la Maison Blanche », a relevé Vincent Magwenya.
Un nouvel ambassadeur aux USA
Dans le viseur américain depuis des mois: une prétendue persécution des Afrikaners, ou encore les programmes de discrimination positive visant à corriger les inégalités héritées de la colonisation puis de l’apartheid constituent l’Episode le plus marquant de l’animosité américaine contre l’actuel gouvernement sud-africain.
Par ailleurs, la visite du président sud-africain à la Maison Blanche en mai 2025 avait donné lieu à une scène ayant stupéfait Cyril Ramaphosa: Donald Trump avait présenté des photos ou vidéos, pour la plupart trompeuses ou complètement fausses, qui étaient supposées appuyer ses accusations.
L’administration américaine avait aussi infligé à Pretoria, première économie du continent, des droits de douanes de 30% sur la plupart de ses exportations, les plus élevés d’Afrique subsaharienne, avant que la Cour suprême ne les retoque.
En dépit de ces relations délétères, Pretoria a récemment accepté les lettres de créances du nouvel ambassadeur des Etats-Unis dans le pays, le conservateur Brent Bozell, âgé de70 ans. Moins d’un mois après son entrée en fonction, le diplomate a été convoqué en mars par le ministère sud-africain des Affaires étrangères pour des propos jugés « non-diplomatiques ».
Motif de sa convocation: il avait déclaré n’avoir « rien à faire » que les tribunaux sud-africains ne considèrent pas le chant polémique et historique de lutte contre l’apartheid, « Kill the Boer » (« Tuez le fermier »), comme un discours de haine à l’égard des Afrikaners. Il avait ensuite affirmé respecter l’indépendance de l’appareil judiciaire sud-africain.
De son côté, l’administration Trump avait expulsé en mars 2025 l’ambassadeur sud-africain aux Etats-Unis, Ebrahim Rasool, qui n’a toujours pas été remplacé. Sur ce point, le porte-parole de la présidence a indiqué jeudi que Cyril Ramaphosa est sur le point de nommer l’ambassadeur d’Afrique du Sud aux États-Unis, qui fera partie de l’équipe actuellement en contact avec ses homologues américains. ACP/ODM

