Kinshasa, 4 juillet 2026 (ACP).- Le Pape Léon XIV a exhorté samedi l’Europe à mieux répondre à «l’appel historique» de la crise migratoire, appelant à intégrer «les premiers secours» dans une stratégie de long terme, au moment où l’Union européenne durcit ses mesures, ont rapporté les médias internationaux.
«L’Europe est en mesure (…) d’aborder la crise de manière organique, en inscrivant les premiers secours dans un plan stratégique à long terme, capable d’accueillir, de protéger, de promouvoir et d’intégrer les migrants», a déclaré Léon XIV, souverain pontife.
« J invite les migrants à s’intégrer en apprenant la langue de leur pays d’accueil, en respectant ses lois et en se familiarisant avec ses coutumes », a-t-il ajouté.
Selon les sources, sa visite d’une demi-journée sur cette île de 20km², située entre la Tunisie et Malte, et qui compte environ 6000 habitants, intervient quelques semaines après l’adoption par l’Union européenne (UE) de nouvelles mesures migratoires prévoyant notamment un recours accru à la détention et la création de centres de rétention hors des frontières de l’UE.
Le souverain pontife a fait de la défense des migrants un thème récurrent de son pontificat, remerciant ceux qui aident les plus démunis et dénonçant les expulsions massives aux États-Unis, son pays d’origine.
Pour sa part, le porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (UNHCR) Filippo Ungaro a indiqué que la présence du pape Léon XIV envoie un message clair à une époque où le débat politique mondial sur la migration se concentre davantage sur les frontières et la dissuasion, plutôt que sur la protection et la responsabilité partagée.
Le souverain pontife a débuté sa visite par un temps de recueillement au cimetière abritant des tombes numérotées de migrants non identifiés.
Après avoir déposé une gerbe, il s’est ensuite rendu à la «Porte de l’Europe», un monument dédié aux victimes.
L’île semi-aride de Lampedusa est la deuxième destination migratoire d’Europe visitée par Léon XIV, qui avait profité de son déplacement aux îles Canaries pour dénoncer le trafic d’êtres humains.
Située à seulement 145 kilomètres des côtes tunisiennes, Lampedusa est devenue, malgré ses plages de sable fin, l’un des principaux symboles de la crise migratoire en Europe.
Plus de 360 personnes y avaient péri dans un naufrage en octobre 2013, la pire catastrophe de l’histoire de l’île, tandis que des milliers d’autres migrants ont trouvé la mort sur cette route maritime parmi les plus dangereuses du monde.
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