Kinshasa, 17 avril 2026 (ACP).- Un manuel pratique destiné aux médiaspour renforcer la protection des journalistes, a été publié par l’ONG « Ilontsera », un observatoire des médias indépendant, suite au constat des reporters malgaches d’une grande vulnérabilité face aux pressions extérieures, ont rapporté vendredi, les médias internationaux.
« Dans un pays où les tensions sociales et politiques se multiplient, le rôle du journaliste n’a jamais été aussi essentiel », a écrit l’ONG Ilontsera, dans la préface de son manuel.
Selon Hervé Razafindranaivo, ancien journaliste, ce manuel regroupe quatre points majeurs de la protection.
« D’abord que le journaliste sache évaluer les risques qu’il encourt en traitant tel ou tel sujet avec des outils simples d’évaluation. La deuxième chose, c’est de se protéger soi-même à travers les matériels que l’on utilise, les itinéraires que l’on prend, les gens que l’on rencontre. La troisième, c’est de pouvoir se protéger contre les attaques numériques et ensuite de pouvoir se protéger si on est amené à comparaître devant la justice », a-t-il précisé.
C’est une situation qui résulte des contestations politiques d’ampleur comme l’an dernier ou au cours d’investigations mettant en cause de puissants intérêts. Procédures-bâillons, menaces physiques ou numériques sont le lot de nombreux professionnels du pays, situé au 113e rang sur 180 dans le classement de Reporters sans frontières (RSF) sur la liberté de la presse.
Prévenir pour se protéger
Face aux pressions émanant d’intérêts économiques ou politiques, nombre de journalistes Malgaches renoncent à publier des informations pour leur sécurité et pour ne pas risquer de perdre leur emploi.
« L’un des objectifs du manuel, c’est de connaître les lignes à ne pas franchir pour rester dans le cadre légal, être outillé juridiquement, être informé de ses droits. La prévention est une base pour se protéger. Si Madagascar aujourd’hui se réveille après seize années d’oppression et de musèlement de la presse, c’est qu’il faut jeter les nouvelles bases d’un secteur journalistique qui offre de l’information libre », a précisé Toki Ramilison, avocat et co-auteur du manuel.
Cependant, Madagascar ne dispose pas de loi de protection des lanceurs d’alerte, malgré le combat mené en ce sens depuis 2018 par des organisations de la société civile.
ACP/C.L’

