Kinshasa, 5 février 2026 (ACP).- Le président Nigérian a ordonné le déploiement de l’armée dans une zone du centre-ouest où une attaque a fait au moins 162 morts mardi, et a accusé les djihadistes de Boko Haram d’en être responsables, ont rapporté jeudi les médias internationaux.
« Le déploiement d’un bataillon de l’armée dans la circonscription de Kaiama, dans l’État de Kwara, où les terroristes de Boko Haram ont tué pendant la nuit des villageois sans défense à Woro », dans une attaque « lâche et bestiale » », a déclaré Babaomo Ayodeji, secrétaire de la branche de Kwara de la Croix-Rouge nigériane.
« Des hommes armés ont pris d’assaut le village de Woro, dans l’État de Kwara, et selon les derniers rapports, le bilan s’élève désormais à 162 morts, tandis que les recherches pour retrouver d’autres corps se poursuivent », a-t-il ajouté.
Insécurité multifactorielle
Le gouverneur de l’État, AbdulRahman AbdulRazaq a de son coté, évoqué le massacre de 75 personnes, dans une vidéo diffusée par le porte-parole du gouvernement local.
« Woro « a refusé de céder à une forme provocatrice de doctrine islamique » », a affirmé le gouverneur.
«Il est louable que les membres de la communauté, bien que musulmans, aient refusé d’être enrôlés dans une croyance étrange qui prônait la violence plutôt que la paix et le dialogue », a ajouté le président Bola Tinubu.
Il s’agit de l’un des pires massacres dans le pays depuis plusieurs mois. L’État de Kwara est en proie à une insécurité multifactorielle, entre des bandes armées qui pillent les villages, kidnappent, terrorisent les habitants, les incendient des commerces et le palais royal du village. C’est une menace djihadiste en augmentation, avec des groupes actifs dans le nord-ouest du pays qui étendent leur champ d’action vers le sud. Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, a affirmé en octobre avoir mené sa première attaque sur le sol nigérian dans cet État, tout près de Woro.
Couvre-feux dans certaines zones
Face à l’insécurité, les autorités locales ont mis en place des couvre-feux dans certaines zones et fermé les écoles pendant plusieurs semaines, avant d’ordonner leur réouverture lundi. Il y a quelques jours, l’armée nigériane avait annoncé avoir « neutralisé » des « terroristes » (environ 150, selon les médias locaux) dans les forêts de Kwara, ajoutant qu’il s’agissait de bandits – mais sans préciser si elle les avait capturés ou tués.
Le Nigeria, pays le plus peuplé et premier producteur de pétrole d’Afrique, fait face depuis 2009 à une insurrection djihadistes dans le nord-est menée par Boko Haram et son rival l’État islamique en Afrique de l’Ouest, tandis que des groupes armés criminels sévissent dans le nord-ouest et le centre-nord, auxquels se sont ajoutés des mouvements djihadistes locaux comme Lakurawa et Mahmuda.
Des chercheurs ont récemment établi un lien entre certains membres de Lakurawa – le principal groupe djihadiste basé dans l’État de Sokoto (nord) – et l’État islamique au Sahel (EISS), actif au Niger voisin. L’État de Kwara n’est pas le terrain habituel de Boko Haram.
ACP/C.L.

