Kinshasa, 14 février 2026 (ACP).- Le 39ᵉ sommet de l’Union africaine s’est ouvert, samedi et se clôture dimanche, à Addis-Abeba, en Ethiopie. De nombreux dossiers et autant de crises vont être examinés dont le multilatéralisme et la paix, ont rapporté les médias étrangers.
« Alors que les régimes militaires de l’Alliance des États du Sahel – Mali, Niger, Burkina – se sont retirés de la Cédéao, que les États-Unis ou Israël mènent des interventions militaires en dehors de tout cadre légal international et que les actes d’ingérence se multiplient en Afrique et dans le monde, une inquiétude a clairement dominé l’ouverture de ce sommet celle des périls qui menacent le multilatéralisme et la paix», se sont inquiétés les présidents africains.
Les interventions des présidents africains
Le premier à s’inquiéter de la situation du haut de la tribune de l’Union Africaine, le président de la Commission de l’Union africaine, le Djiboutien Mahmoud Ali Youssouf, qui a pointé le « bouleversement de l’ordre international ».
« Le multilatéralisme est mis à rude épreuve », a-t-il estimé, appelant à renforcer l’intégration politique et économique de l’Union africaine, « une question de survie », a-t-il indiqué.
« Notre sommet se tient dans un contexte géopolitique en crise, aussi bien sur le continent qu’à travers le monde. Faire taire les armes, sur notre continuent, peine à aboutir. Le Multilatéralisme est mis à rude épreuve et l’on assiste à l’émergence de l’unilatéralisme et protectionnisme. Face à ce constat, l’Afrique devra se renforcer à travers l’accélération de ces programmes d’intégration politique et économique. Il ne s’agit pas de vœux pieux mais d’un impératif de survie », a ajouté Mahmoud Ali Youssouf.
Le président sortant de l’UA, l’Angolais João Lourenço, lui a prôné « la défense du multilatéralisme », « garant de la paix et de la sécurité mondiale».
Le secrétaire général des Nations unies, le Portugais Antonio Guterres invité au sommet, a, pour sa part, affirmé que « dans un monde rempli de divisions, l’Union africaine [était] un fleuron du multilatéralisme »,
« L’absence de siège permanent pour l’Afrique au Conseil de sécurité de l’ONU est indéfendable, a-t-il ajouté ».
Dernier à prendre la parole, le président burundais Evariste Ndayishimiye qui a pris, la présidence tournante de l’Union africaine.
« Le multilatéralisme demeure un pilier central pour la paix, la stabilité et le développement durable», a-t-il indiqué.
Seule la moitié de chefs d’États ont été présents dans le grand amphithéâtre Nelson Mandela du siège de l’Union Africaine, sur la cinquantaine des dirigeants africains. Les autres se sont fait représenter.
Parmi les présents, le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi. Le conflit dans l’est de la RDC est l’un des gros dossiers de ce sommet.
Autres présents, les présidents guinéen, le général Mamadi Doumbouya, le gabonais, le général Brice Clotaire Oligui Nguema. Tous deux sont des militaires, auteurs de coups d’État ont réintégré les instances de l’UA, après avoir organisé et remporté des élections.
Les présidents tchadien Mahamat Idriss Déby Itno, congolais Denis Sassou-N’Guesso et rwandais Paul Kagame ont été parmi les absents les plus remarqués.
Après la cérémonie d’ouverture, les participants ont pris part aux travaux à huis clos.
ACP/C.L.

