Kinshasa, 19 septembre 2024 (ACP).- L’installation d’un centre de collecte des données relatives aux risques des catastrophes dans les 26 provinces de la République démocratique du Congo, a été préconisée par la direction de protection civile, au cours du lancement, jeudi à Kinshasa, d’un projet relatif à la gestion anticipatoire des risques.
« Ce jour, nous lançons le projet intitulé -Grands lacs, préparation aux catastrophes : innovations pionnières dans la gestion des risques de catastrophes sensibles au conflit-, en se proposant, avec l’appui des partenaires, l’installation d’un centre de collecte des données dans toutes les 26 provinces du pays », a déclaré M. Bengela, représentant du directeur de la direction de protection civile du ministère de l’Intérieur.
Il a aussi recommandé la redynamisation de la plateforme de réduction des risques de catastrophes ; la mise sur pied d’un mécanisme de partage des données avec tous les services producteurs et diffuseurs des données météorologiques ; de l’identification des sites à haut risque avec cartographie. Pour le chef de division, la réussite de ce projet exige la conjugaison des efforts ainsi que des actions concertées de tous les intervenants dans ce secteur.
Engagement de la FAO pour l’atteinte de l’objectif
Par ailleurs, M. Ibrahim Abdoul Nasser, conseiller des politiques de sécurité alimentaire et représentant adjoint de la FAO, a souligné l’engagement de cette organisation à œuvrer avec les autres partenaires (PAM et IFRC) pour atteindre l’objectif assigné, celui de la mise en place des systèmes d’actions anticipatoires afin de répondre aux besoins de renforcement des capacités institutionnelles, de développer des cadres d’action anticipatoire multisectorielle sensible au conflit et axée sur la protection.
Il a loué l’initiative qui permet à tous les intervenants et participants d’avoir un même niveau d’entendement du projet, de la gestion des risques de catastrophes climatiques. M. Ibrahim Abdoul a, par ailleurs, salué l’engagement du gouvernement congolais pour l’intérêt manifesté et sa détermination à faire aboutir ce processus.
« Que le PAM et l’IFRC soient rassurés de notre détermination d’œuvrer ensemble pour conduire ce projet jusqu’à terme afin de soulager les populations des provinces ciblées du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et du Tanganyika, victimes des récentes d’inondations », a dit Ibrahim Abdoul Nasser.
Le représentant de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et Croissant-Rouge(IFRC), Mercy Lakers, a, de son côté, insisté sur le caractère “ alerte” de ce projet face aux risques de catastrophes. Il a soutenu la nécessité, face aux défis, de mettre en place un système rigoureux d’alerte précoce et de gestion des risques de catastrophes.
RDC, 4e pays au monde avec un taux élevé des risques
Pour sa part, la représentante du PAM (Programme alimentaire mondiale) a indiqué que la RDC est classée quatrième au plan mondial, en tant que pays présentant un taux élevé d’indice des risques de catastrophes. En 2023, selon les statistiques fournies, la RDC a enregistré plus de 70 millions de personnes déplacées suite aux chocs climatiques. Cette position, a-t-elle dit, est consécutive à la vulnérabilité et au manque de capacité d’adaptation associée au niveau élevé d’exposition des événements naturels (inondations, conflits).
Pour remédier à cette insuffisance, le projet conjoint est conçu grâce au financement de « ECHO », a-t-elle fait savoir. Soulignant que cette rencontre intervient à point, car elle a permis aux participants de discuter sur les activités du projet et de définir le travail des actions à mener.
La représentante du PAM a saisi l’occasion pour remercier le gouvernement congolais et l’Union européenne pour leur engagement à soutenir la paix et à lutter pour atteindre la faim zéro. Ce projet qui intéresse les pays des Grands lacs, dont la RDC, est financé par ECHO. Il est exécuté pour une durée de 26 mois, dans trois provinces, à savoir ; Nord-Kivu, Sud-Kivu et Tanganyika, a précisé Nouhou Cissé, chargé de programme PAM et point focal du projet. Ses objectifs, a-t-il dit, consistent principalement à déployer l’action anticipatoire en RDC par le biais d’une collaboration inter-agences afin de développer des cadres communs d’actions anticipatoires et spécifiques à protéger les vies, la dignité, les moyens de substance, la sécurité alimentaire et nutritionnelle des ménages vulnérables en anticipant les impacts des chocs climatiques. ACP/JF

