Kinshasa, 10 avril 2026(ACP).- Le ministre de l’Urbanisme et Habitat de la République démocratique du Congo, a présenté mercredi, une stratégie pour transformer en profondeur le développement urbain du pays, lors du Forum Africa Urban, qui se tient à Nairobi au Kenya, du 8 au 10 avril, selon un communiqué consulté jeudi par l’ACP.
« (…) lors du «Forum Africa Urban», mercredi 08 avril 2026, le ministre d’État en charge de l’Urbanisme et Habitat de la République démocratique du Congo, Alexis Gisaro, a présenté une stratégie ambitieuse pour transformer en profondeur le développement urbain du pays », a-t-on lu dans le communiqué du ministère de l’Urbanisme et Habitat.
Selon le document, face à une urbanisation galopante, plus d’un million de nouveaux citadins de la RDC attendent chaque année rompre avec un modèle jugé « vicieux », caractérisé par une croissance urbaine non planifiée, la prolifération de quartiers précaires et une incapacité chronique à financer les infrastructures.
Par ailleurs, a rapporté la source, M. Gisaro a dressé un constat sans détour que ce modèle est insoutenable, tant socialement que financièrement. Pour y remédier, le gouvernement congolais propose de passer d’une logique réactive à une planification anticipative.
En outre, un Plan décennal (2026-2035), est au cœur de cette réforme. Il prévoit l’élaboration de plans directeurs d’urbanisme pour les 26 chefs-lieux de province, avant toute expansion majeure, a-t-on lu dans le document.
Ces outils intégreront, a précisé la source, des technologies modernes comme les systèmes d’information géographique, afin d’anticiper les besoins urbains et les risques.
Piliers de la stratégie mise en place
D’après le communiqué, l’autre pilier de cette stratégie est le développement des corridors économiques structurants, à l’image du Corridor de Lobito. Il est loin de se limiter à des axes de transport. Ces corridors sont conçus comme de véritables leviers de transformation économique.
Pour ce faire, le gouvernement congolais prévoit ainsi de structurer une dizaine de villes secondaires le long de ces axes, en les spécialisant dans différents secteurs : transformation minière, logistique, agro-industrie ou encore production de matériaux de construction.
créer des écosystèmes économiques intégrés
En effet, la création des écosystèmes économiques intégrés capables de générer de la valeur ajoutée localement, tout en favorisant l’émergence d’une classe moyenne régionale, est l’objectif clair de cette réforme.
Conscient des limites des financements publics, l’exécutif congolais mise fortement sur les partenariats public-privé (PPP). Selon M. Gissaro, cité dans le communiqué, « l’État ne peut pas tout financer », a t- il insisté, plaidant pour une approche orientée vers le marché.
Cette stratégie se concrétise notamment à travers le projet Kinshasa Kia Mona, une extension planifiée de la capitale sur 43 000 hectares. Le projet prévoit la création de 1 200 usines en cinq ans et jusqu’à 2,25 millions d’emplois directs sur une décennie, a indiqué la source.
Le mécanisme repose sur un modèle innovant, notamment, l’attribution de concessions foncières à des investisseurs privés, en échange du financement et de la réalisation d’infrastructures urbaines et industrielles.
À terme, ce programme pourrait accueillir jusqu’à 5 millions d’habitants et mobiliser près de 50 milliards de dollars d’investissements.
À travers ces réformes, a indiqué la source, la RDC ambitionne de transformer le « cercle vicieux » de l’urbanisation en un « cercle vertueux », où planification, investissement privé et croissance économique se renforcent mutuellement.
« On ne subit pas l’urbanisation, on l’anticipe et on la finance », a résumé le ministre, appelant à une coopération renforcée entre États africains et partenaires internationaux.
La délégation congolaise présente à Nairobi pour cet échange, a réaffirmé sa volonté de partager son expérience et, de s’inspirer des meilleures pratiques du continent, dans l’objectif de bâtir des villes africaines « résilientes, inclusives et autofinancées».
ACP/C.L.

