Kinshasa, 05 janvier 2026( ACP).- L’appréciation d’environ 29% du franc congolais par rapport au dollar américain observée au 4ème trimestre 2025,aussi bien sur le marché interbancaire que sur le marché parallèle, en République démocratique du Congo( RDC) exige l’accentuation de la coordination entre les politiques budgétaire et monétaire nationales tout au long de cette année pour maintenir le cap.
Une lourde responsabilité de la part du gouvernement qui, à travers les ministères du Budget et des Finances a su arrêter des stratégies appropriées marquées notamment par une gestion rigoureuse des recettes publiques et leur meilleur encadrement à travers la Banque centrale du Congo (BCC).
Il faudra à l’exécutif central de n’utiliser que ce qu’il va réaliser, procéder à la bonne affectation des fonds vers des investissements productifs, symbole de la bonne gouvernance, encourager la transformation locale des minerais.
Des efforts qui devront s’intensifier et appuyés par la production interne en diversifiant les sources de production économique.
Au niveau de la Banque centrale, les réserves de change se sont établis à près de 7,4 milliards de dollars, soit l’équivalent d’environ trois mois d’importation, conformes aux standards de viabilité du FMI, et dans le même temps, la balance des biens est demeurée excédentaire avec un surplus provisoire, estimé à 9,9 milliards de dollars à fin août 2025.
Cela étant, l’année 2026 s’annonce déterminante pour soutenir les efforts du gouvernement, portés par l’extraction minière.
Il est un fait indéniable que le secteur minier a rendu l’économie congolaise résiliente. Une résilience qui a permis au pays de résister face aux chocs des défis sécuritaires, humanitaires et socioéconomiques.
Voilà pourquoi le gouvernement a l’impérieux devoir de consolider la stabilité de la monnaie nationale en tenant compte naturellement de l’évolution de la situation économique et financière internationale.
En décembre 2025 est intervenue l’adoption de la 2 ème Revue avec le Fonds monétaire international ( FMI) dans un contexte formel en cours , suivi du décaissement d’une somme de plus de 400 millions dollars américains.
Un budget 2026 arrêté à 59.020,5 milliards de francs congolais
Pour concrétiser son programme d’action en 2026, le gouvernement s’est doté d’un budget en équilibre en recettes et en dépense de l’ordre de 59.020,5 milliards de francs congolais, soit un taux d’accroissement de 50.691,8 milliards FC, par rapport à son niveau de 2025.
La loi des finances 2026 repose sur les principaux indicateurs et agrégats macroéconomique suivants : taux de croissance du (PIB) produit intérieur brut déflateur du PIB, taux d’inflation 7%, taux de croissance mine 5,8%, taux de change moyen 2900,3 FC pour un dollar USD, taux de change fin période 2920,1 FC pour un dollar américain, PIB réel 40.136,1 milliards de FC, le PIB nominal 268.911,7 milliards.
La création des mécanismes de financement des infrastructures pour tirer profit des ressources dont dispose la RDC , à savoir l’augmentation de la capacité électrique pour booster la transformation sur place des minerais, les voies ferroviaires, fluviales et lacustres ainsi que les routes à travers les partenariats public-privés capable de diversifier l’économie du pays et donner des emplois aux jeunes, sont autant des stratégies à développer pour soutenir l’économie nationale.
La gestion des dépenses dans la fourchette de la mobilisation des recettes est un leitmotiv de la croissance économique et de la lutte contre la vie chère en faveur de la population.
Pour mettre les minerais au service de développement de
la République démocratique du Congo, le pays a signé len27 juin 2025 un accord de paix avec le Rwanda sous l’égide du président Trump, visant à mettre fin à la guerre dans l’Est.
Cet accord qualifié d’historique marque un tournant stratégique pour la RDC dans la gestion de ses ressources minières afin de répondre aux besoins de la population.

A cet effet, il revient au gouvernement de créer des réserves du cobalt, du cuivre, de l’Etain, de l’or et d’une manière générale des terres rares pour susciter les investissements innovants dans ce secteur afin de soutenir l’économie et de créer des emplois des jeunes.
La République démocratique du Congo devra profiter de cette aubaine (accord) pour capitaliser le développement du pays par la réalisation des projets générateurs des recettes.
Il s’agira de doubler la production, une fois le déficit en électricité résorbé. Le désenclavement du territoire national grâce au corridor de Lobito, l’accroissement de recettes en douane par l’achèvement du port en eau profonde de Banana sont autant d’atouts susceptibles de booster la situation macroéconomique du pays.
ACP/C.L.

