Ituri:les négociants des produits aurifères sensibilisés à vendre dans les comptoirs agréés


Bunia, 04 mars 2026 (ACP).-Les négociants des produits aurifères et les coopératives minières de l’Ituri dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) ont été sensibilisés à vendre leurs colis de l’or dans les comptoirs locaux agrées, lors d’une réunion que le gouverneur militaire a tenue lundi au gouvernorat de la province, a appris mardi l’ACP de source administrative. « Nous nous sommes  mis au travail avec les négociants de l’Ituri, avec les coopératives minières. Le souci majeur était de les conscientiser à revenir à la raison et vendre toute la production de leur colis d’or au niveau de comptoirs agréés. Nous avons ici trois comptoirs agréés. Le tout premier, c’est DRC Gold, qui offre de très beaux prix », a déclaré Johnny Luboya Nkashama, gouverneur militaire de l’Ituri. L’objectif de cette rencontre, a-t-il dit,  était de faire le point sur les activités menées sous l’instruction de l’Autorité militaire. M. Lonema  Lukwa  Christophe, président de la Féc-Ituri, a expliqué à la presse locale que la lutte contre la fraude minière constituait la priorité du jour, précisant que cette fraude pèse lourdement sur la production locale. « L’Ituri a été humiliée, pas seulement l’Ituri, mais la RDC en général, parce que l’Ituri est la province aurifère. C’est ici que provient l’or de l’Ituri. Alors, nous ne devons pas rester muets », a-t-il déclaré, insistant sur l’urgence de mobiliser tous les acteurs du secteur à lutter efficacement à la fraude des matières premières dont l’or.

Des pistes de solution à la fraude


Pour remédier à cette situation, le président de la Féc a précisé que des assises avaient été organisées avec les négociants et les coopératives minières pour  encadrer la production, avant de rappeler les règles à suivre.  « Pour arrêter la fraude, la première des choses: tous les opérateurs miniers doivent être en ordre vis-à-vis de l’État. Ils doivent avoir leurs documents. En ce qui concerne les négociants, ils doivent avoir leur carte de négociant. Les exploitants, doivent avoir leur carte de creuseur. Les coopératives doivent avoir leur agrément. Ensuite, toute leur production doit être canalisée au comptoir agréé », a-t-il précisé. Le président de la Féc a également dénoncé les interventions non habilitées dans le secteur, soulignant qu’il y a aussi des services non habilités dans le secteur qui étouffent le secteur des mines. Nous allons demander aux autorités d’élaguer tous ces services qui ne sont pas concernés dans le secteur des mines », a-t-il ajouté. Il a ensuite détaillé les assignations fixées pour les coopératives et les négociants, afin que chacun contribue selon ses moyens.  « Pour atteindre cet objectif, chacun en ce qu’il le concerne ne pouvez pas par exemple avoir 20 machines excavatrices et nous amener 200 g avec les 20 machines. « Non, ça on ne peut pas accepter. Il y a des assignations qu’on a déjà signées : l’homme de 20 machines, et ça, c’est amené au tas ; l’homme de 2 machines, au tas ; l’homme de 10 machines au tas de 20 à 25, 30. On connaît, c’est déjà dans les documents qu’on a signés », a-t-il précisé. Quant aux sanctions pour les récalcitrants, le président de la Féc a indiqué que les mesures contraignantes pour les opérateurs et les coopératives consistent en retrait des agréments. On peut leurs ravir leurs agréments ; pour les négociants, on peut leurs ravir leurs cartes de négociant, et au besoin, fermer même leur maison d’achat », a-t-il souligné.

Les mesures sécuritaire et douanière


En ce qui concerne les mesures sécuritaires et douanières, il a ajouté qu’il y aura des dispositions qui seront prises dans les douanes, dans les frontières, parce que nous devons lutter par tous les moyens contre la fraude et la contrebande. Nous voulons que l’or de l’Ituri puisse travailler ici en Ituri et être exporté par nos comptoirs d’ici, officiellement. Enfin, il a insisté sur la mobilisation des opérateurs pour le développement de la province : « Nous assurons à la population que l’or de l’Ituri profite aux Ituriens, et que toute la quantité exploitée, achetée, soit vendue aux comptoirs agréés. Il a cité entre autre, DRC Gold qui est ici et les autres. C’est ça notre souci. Donc nous sommes mobilisés pour lutter contre la fraude et chacun à ce qu’il le concerne. Cette honte n’est pas seulement la honte des autorités, c’est la honte de nous tous », a-t-il conclu. Dans le même élan, le Chef de Division provincial des Mines, M. Abedi, a appelé les opérateurs à se mettre en règle avec l’administration pour soutenir l’économie locale. « Nous venons de rencontrer le Gouverneur par rapport au travail qu’il nous avait confié, de parler aux opérateurs miniers au vue de la situation actuelle que nous avons vécue. Le pays était humilié. Un pays voisin qui n’a pas de l’or, mais qui s’estime avoir exporté près de 5 milliards, ce qui a affecté nos services », a-t-il souligné. Il a précisé les quotas de production selon les catégories d’opérateurs. « Nous commençons d’abord par les négociants parce que nous avons des catégories. Le négociant de catégorie A doit amener chaque fin du mois au comptoir agréé DRC plus de 1 kg, catégorie B doit amener au comptoir 500 grammes ou plus. Quant aux coopératives, celles qui disposent de 1 à 10 machines doivent déclarer au minimum 2,5 kilos d’or par mois », a-t-il indiqué. M. Abedi a rappelé que les sociétés minières industrielles sont également concernées. « Tout à fait, les sociétés minières doivent aussi déclarer la production, car nous savons qu’il y a des sociétés minières ici qui ne déclarent pas la production et ne vendent même pas au comptoir. Tout ça, on en a discuté avec le gouverneur », a-t-il précisé. Sur le terrain, il a insisté sur le rôle des agents et pointé les difficultés rencontrées. « Le contrôle est là. Nous avons des agents partout, ils sont en train de bien faire leur travail. Sauf que, de temps en temps, les coopératives ne voulaient pas la présence des agents. C’est là où nous avons compris qu’ils fraudaient. Ils amenaient de l’or qui n’était pas bien canalisé, qui n’était pas dans les circuits formels », a-t-il ajouté. Enfin, il a stigmatisé le problème de la formation et la compétence du personnel de la Division, précisant que rien ne nous manque.  Le personnel de la division des mines est très bien formé. Chaque fois, ils sont en train de lire les codes, de maîtriser tout. « Donc nos personnels sont très bien formés », a-t-il indiqué. Il sied de noter que la province de l’Ituri compte actuellement plus ou moins 80 coopératives minières actives, rapporte-t-on. ACP/

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