Kinshasa, 6 août 2026 (ACP).- La nécessité de formaliser en faveur les exploitants artisanaux du cuivre et du cobalt dans la province du Haut-Katanga et du Lualaba a été sollicitée jeudi à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo(RDC), par une structure spécialisée dans la bonne gouvernance des ressources naturelles, selon un rapport consulté par l’ACP.
« Les autorités congolaises doivent mettre en œuvre une formalisation effective des exploitants artisanaux du cuivre et du cobalt, accompagnée de la politique de protection sociale, ou organiser progressivement la sortie d’une partie des exploitants artisanaux en leur proposant des alternatives économiques crédibles » a-t-on lu dans le rapport de la structure Ebuteli.
Selon ce rapport intitulé « Le piège de la tolérance : cuivre-cobalt artisanal dans le Haut-Katanga et le Lualaba », l’exploitation artisanale en dehors du cadre légal est devenue un mode de gouvernance du secteur. Elle permet de contenir temporairement les tensions sociales, mais entretient indirectement l’insécurité juridique, les prélèvements arbitraires, les conditions de travail dangereuses et les conflits entre plusieurs acteurs autour des sites miniers.
Le document a précisé que le code minier réserve pourtant cette activité aux zones d’exploitation artisanale (ZEA). Cependant, la quasi-totalité des sites artisanaux dans les deux provinces se trouve sur des périmètres concédés à des opérateurs industriels, soulignant que de nombreux creuseurs travaillent sur des concessions industrielles, sans titre ni sécurité juridique.
« Ils restent exposés aux expulsions, aux prélèvements arbitraires et à des conditions de travail dangereuses. Cette précarité affecte également les nombreux ménages qui dépendent directement ou indirectement de l’exploitation artisanale. Le secteur continue de produire, d’alimenter les circuits commerciaux et de procurer des revenus à une partie importante de la population, mais sans offrir de garanties durables à ceux qui y travaillent », a -t-on lu dans le rapport.
Pour Ebuteli, le décalage entre la loi et la pratique ne résulte pas seulement d’une application insuffisante des textes. « Cette tolérance ne relève pas seulement d’un défaut d’application de la loi. Elle s’est imposée comme un mode de gestion du secteur », a affirmé le rapport.
Cette situation ouvre des espaces de rente à plusieurs catégories d’acteurs, notamment des coopératives, des intermédiaires et certains agents publics présents sur les sites, les routes d’évacuation et dans les circuits de commercialisation, a précisé le document.
Cependant, ce constat met en évidence une contradiction majeure : des minerais extraits en dehors du cadre légal parviennent néanmoins à intégrer les circuits commerciaux. Il devient alors difficile de distinguer les flux provenant de l’exploitation artisanale de ceux issus de la production industrielle.
Ebuteli est un institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence. Sa mission consiste à promouvoir, à travers des recherches rigoureuses, un débat informé sur les principaux défis auxquels la RDC est confrontée.
ACP/K

