Kinshasa, 30 juillet 2026 (ACP).– Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) entend établir une « chaîne de responsabilité visible » en matière de cybersécurité, afin de précéder la technique, a déclaré le ministre de l’Économie numérique, lors de la clôture des travaux organisés du 29 au 30 juillet à Kinshasa.
« Le gouvernement veut une +chaîne de responsabilité visible+ en cybersécurité enfin de précéder la technique», a déclaré Augustin Kibassa, ministre de l’Économie numérique.
Selon lui, les infrastructures, les plateformes, les données et les dispositifs de cybersécurité ne peuvent produire les résultats attendus si les responsabilités ne sont pas clairement établies. Il s’avère indispensable de clarifier le rôle de chaque acteur qui inspire, exécute, réglemente, contrôle et reçoit les notifications d’incidents entre le Conseil national de cybersécurité, l’Autorité de protection des données, la Banque centrale du Congo (BCC), l’ARPTC et l’Agence nationale de cybersécurité, sans pour autant créer de nouvelles institutions.
Le ministre Kibassa a souligné la nécessité de renforcer les capacités nationales face aux risques émergents tels que les rançongiciels, les fraudes, l’espionnage et la désinformation. Il a rappelé l’urgence de cartographier les infrastructures critiques, d’adopter un socle minimal de sécurité et d’organiser une réponse efficace aux incidents.
Pour éviter que chaque administration ne développe ses propres solutions de de manière isolée, le ministre a plaidé pour la construction de socles communs basés sur un référentiel national d’architecture, des registres de données de référence et une identité numérique unique. Il a également insisté sur l’importance de placer la confiance au cœur du système, en protégeant les données personnelles et en encadrant l’intelligence artificielle (IA).
« Le pays ne doit pas déployer des plateformes d’intelligence artificielle sans qualité de données, auditabilité et supervision humaine, investir dans les compétences, adopter un référentiel national cyber et numérique, et former techniciens, magistrats, décideurs, jeunes, femmes et provinces », a-t-il soutenu.
Abordant les prochaines étapes, le patron de l’Économie numérique a indiqué avoir instruit ses services d’intégrer ces conclusions aux projets stratégiques en cours, notamment le projet RDC-PARS, le guichet numérique, le cloud gouvernemental ainsi que la stratégie nationale d’IA.
Il a exigé la transmission d’un rapport consolidé distinguant clairement les constats, les arbitrages devant être effectués par le gouvernement et les mesures urgentes à lancer au plus vite.
« Nous devons passer de l’accumulation des initiatives à leur mise en cohérence et à leur exécution », a conclu Augustin Kibassa.
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