RDC: « l’aménagement du territoire doit rééquilibrer les compétences de l’État et les provinces » (Agence nationale de l’aménagement du territoire)

Kinshasa, 25 novembre 2025 (ACP).- La loi sur l’aménagement du territoire doit rééquilibrer les compétences entre l’État, les provinces et les entités locales, a indiqué lundi à Kolwezi, au Lualaba (sud-est de la République démocratique du Congo), la directrice générale de l’Agence nationale de l’aménagement du territoire (ANAT), selon un communiqué consulté mardi par l’ACP.

«La loi sur l’aménagement du territoire doit rééquilibrer les compétences entre l’État, les provinces et les entités locales, notamment dans les zones minières sous forte pression foncière.»,  a déclaré Carine Oniemba, directrice générale de l’ANAT, cité dans le communiqué.

Selon la source, Mme Oniemba a tenu ces propos au cours d’un déjeuner-débat organisé par le  Club BTP et la Chambre de métiers et de l’artisanat (CMA) sur l’impact de la loi sur l’aménagement du territoire pour un développement durable.

Cette déclaration, a rapporté le communiqué, met en lumière un défi majeur de la RDC: comment gérer l’espace et les droits sur des zones où se concentrent ressources naturelles stratégiques, populations locales et entreprises minières, dans un contexte de croissance rapide du secteur extractif.

Pour la DG, cité dans le communiqué,les zones minières en RDC notamment dans le Katanga, le Lualaba et le Sud-Kivu sont caractérisées par  une densité élevée de projets miniers industriels et artisanaux, des populations locales historiquement installées sur des terres convoitées pour l’exploitation minière, des conflits fréquents entre exploitants artisanaux et industriels, une multiplication des demandes foncières pour l’agriculture où l’urbanisation accentue la pression sur l’espace.

Cette situation  engendre des tensions foncières et des risques d’instabilité sociale si l’occupation et l’exploitation des sols ne sont pas clairement cartographiées et régulées. 

 Pour Mme Oniema, la loi sur l’aménagement du territoire vise à rééquilibrer les compétences de l’État central. Il s’agit là d’une  planification stratégique, attribution des concessions minières, supervision de la réglementation, a indiqué le communiqué.

S’agissant des provinces, il faudra une  gestion des ressources locales, suivi des activités artisanales, et du développement d’infrastructures.

En ce qui concerne les entités locales à savoir les chefferies et les  communes, il y a lieu de mettre en place l’encadrement des exploitants artisanaux, règlement des conflits fonciers, a-t-elle précisé avant de signifier qu’un tel rééquilibrage, nécessite des outils cartographiques précis, accessibles à tous les acteurs.

La cartographie, un outil stratégique et  complexe

La cartographie des zones minières est essentielle pour  clarifier les droits fonciers,
planifier les concessions minières et les zones industrielles,  protéger les populations locales,
sécuriser les investissements privés et publics. La RDC, avec son territoire vaste et ses infrastructures limitées, rencontre plusieurs obstacles notamment  le manque de données géo spatiales fiables, faible couverture satellitaire et absence de cartes à jour, et difficultés d’accès à certaines zones en raison de la géographie ou de l’insécurité.

il est à noter que l’ANAT et le ministère des mines collaborent sur plusieurs fronts notamment la  numérisation des concessions minières,
la  cartographie participative avec les communautés locales, la mise en place de bases de données géo spatiales fiables et la formation de personnels qualifiés pour surveiller l’usage des sols et la conformité des exploitations.

Des entreprises privées, ONG et bailleurs internationaux appuient ces initiatives, conscientes que des données fiables sont la clé pour attirer les investisseurs tout en protégeant les communautés locales. ACP/C.L

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