Kinshasa, 4 octobre 2026 (ACP).- Alors qu’on s’approche du 04 décembre 2026, la question sur toutes les lèvres est de savoir ce qu’est devenu l’Accord de Washington entre la République démocratique du Congo (RDC), les Etats-Unis d’Amérique (USA) et le Rwanda, signé en décembre 2025.
L’observation est à ce stade unanime.
Le Rwanda n’a jusqu’ici pas évacué les territoires occupés par lui et ses supplétifs du M23 dans l’Est de la RDC, selon les termes de la résolution 1773 du conseil de sécurité des Nations unies (ONU).
La communauté internationale a récemment fait le tour de la question avant de déboucher sur le terrible constat d’echec dans la mise en oeuvre des solutions proposées.
C’est aussi le moment de tirer les conséquences d’une évidence qui choque, à savoir : le refus du Rwanda d’exécuter la résolution pertinente du Conseil de sécurité a fini par mettre mal à l’aise la communauté internationale et pousser celle-ci à envisager des mesures de plus en plus contraignantes.
C’est le cas des USA, dont on dit qu’ils sont incessamment en passe de décreter une nouvelle série de sanctions contre le régime de Kigali.
A ce titre, à la suite de la déclaration de la RDC et du représentant du secrétaire général de l’ONU en RDC, la 81ème session de l’Assemblée générale de l’ONU, a mis en exergue une contradiction flagrante dans le processus de résolution de la crise.
A savoir qu’au moment où la RDC s’emploie à vider l’alibi des FDLR régulièrement brandi par le Rwanda, ce pays ne s’est en revanche pas senti dans l’obligation de retirer ses troupes, ainsi que celles du M23-AFC du territoire rdcongolais.
Autre facteur déterminant, les observateurs les plus pointus admettent qu’à la faveur de leur récente rencontre à Washington, les dirigeants chinois et américains ont également mis sur la table la problématique de la crise en RDC.
Ils ont dégagé l’urgence d’harmoniser leurs positions et approches respectives sur la question des minerais critiques, ce qui devrait déboucher sur une sorte de conciliation dans leurs relations et d’apaisement des tensions entre protagonistes sur le terrain.
Le constat de l’échec dans la mise en oeuvre de la résolution de l’ONU et l’urgence dans la nécessité de prendre à bras le corps la problématique des FDLR ont été au centre du rapport du représentant du secrétaire général de l’ONU.
Les deux leviers ont poussé, d’une part, l’instance internationale à accentuer sa pression sur les protagonistes et, d’autre part, les acteurs clés comme les USA à envisager une nouvelle série de sanctions contre le régime rwandais.
Ce développement a été au centre de la convocation de l’ambassadrice du Rwanda aux USA, la semaine dernière, au département d’Etat, pour s’entendre exprimer la détermination de Washington à boucler rapidement la question de la crise dans l’Est de la RDC.
Ce qui est sûr, à ce stade, c’est que les derniers développements ont poussé des acteurs plus ou moins proches à bouger leurs pions.
Le Chef de l’Etat Félix Antoine Tshisekedi a effectué un déplacement à Brazzaville pour rencontrer son homologue Denis Sassou Nguesso.
Au-delà de la dernière crise de Maluku entre les deux Congo, on imagine qu’il a été davantage question d’évoquer la sensibilité de Paris, sur le conflit de l’Est de la RDC.
Cette sensibilité est sans doute connue des autorités rwandaises, dont le Président Paul Kagamé etait dans la capitale française au même moment que Denis Sassou Nguesso du Congo.
A supposer que beaucoup d’acteurs sont désormais soucieux de sauver la face en réaction à la nouvelke dynamique décidée par Washington et Pékin, on peut à coup sûr imaginer que le moment est venu de jeter des passerelles, sans omettre de rester prudent.
Un rôle prioritairement assigné aux cinq anciens Chefs d’Etat chargés par l’Union africaine de sillonner la région dès cette semaine.
Bon vent à eux.Bienvenu-Marie Bakumanya.

