Kinshasa 14 mai 2026 (ACP).- L’urgence d’une double approche garantissant a été préconisée pour garantir l’accès humanitaire face à la crise alimentaire actuelle en République démocratique du Congo (RDC), selon un communiqué du Programme alimentaire mondial (PAM) consulté jeudi.
«Depuis janvier 2026, l’aide alimentaire et monétaire d’urgence du PAM a bénéficié à près de 1,3 million de personnes, soit une fraction seulement des populations dans le besoin dans les provinces orientales les plus touchées. Parmi elles, seuls 389 000 enfants et mères ont reçu une aide nutritionnelle entre janvier et mars 2026, un chiffre bien inférieur aux besoins», a-t-on lu.
Selon la source, l’accès humanitaire limité dû à l’insécurité, conjugué à un déficit de financement de 214 millions de dollars américains jusqu’en octobre, continue de freiner l’action et d’obliger à faire des choix de priorisation difficiles.
Cependant, David Stevenson, représentant du PAM, cité dans le communiqué a indiqué que la crise, loin de s’atténuer, s’est enracinée et complexifiée, piégeant des millions de ménages vulnérables dans un cycle de besoins persistants.
« L’aide humanitaire est vitale, mais il est urgent de l’intensifier pour répondre à l’ampleur des besoins. Au-delà de l’aide d’urgence, un investissement soutenu dans des systèmes alimentaires résilients et des solutions intégrées est essentiel pour aider les communautés à surmonter les chocs et à amorcer leur redressement », a déclaré ce haut fonctionnaire onusien.
Pour sa part, Athman Mravili, représentant du Fonds des Nations-Unies pour l’agriculture (FAO) a indiqué que chaque saison agricole manquée accroît la dépendance à l’égard de l’aide humanitaire.
« Lorsque les familles reçoivent des semences, des outils et un soutien opportun à leurs moyens de subsistance, elles peuvent produire de la nourriture en quelques semaines, préserver leur dignité et éviter de sombrer davantage dans la faim. Mais ce soutien doit arriver avant la fin de la période de semis », a-t-il dit.
En 2026, la FAO soutient déjà 55.500 familles touchées par la crise au Nord-Kivu, au Sud-Kivu, en Ituri et au Tanganyika grâce à une enveloppe de 10 millions de dollars du Fonds humanitaire pour la RDC. Ce soutien comprend des semences, des outils et des intrants de subsistance, ainsi qu’une aide financière directe lorsque cela est possible, afin d’aider les familles à rétablir leur production alimentaire, à protéger leurs biens et à réduire leur dépendance à l’aide alimentaire. Le FAO a besoin de toute urgence de 163 millions de dollars pour intensifier ce soutien agricole vital avant que les périodes de semis critiques ne soient manquées. ACP/C.L.

