Humanitaire : la crise alimentaire touche 26,5 millions de personnes en 2025 en RDC

Kinshasa, 14 mai 2026(ACP).- 26,5 millions de personnes ont été touchées par la crise alimentaire qui s’aggrave en République démocratique du Congo (RDC) avec des besoins dépassant largement l’aide humanitaire, selon la dernière mise à jour de l’analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) menée en 2025, publié jeudi à Kinshasa.

« Cette alerte a été faite l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM). La RDC continue de faire face à l’une des crises alimentaires les plus importantes et les plus graves au monde. Aujourd’hui, plus de 26,5 millions de personnes, soit près d’un Congolais sur quatre peinent à satisfaire leurs besoins alimentaires de base, selon la dernière mise à jour de l’analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), avertissent les deux agences onusiennes», a-t-on lu.

« Plus de 3,6 millions de personnes se trouvent en situation d’urgence, confrontées à de graves pénuries alimentaires qui menacent leur survie sans aide urgente. Bien que les dernières projections montrent une légère amélioration par rapport aux estimations précédentes, la situation demeure supérieure aux niveaux enregistrés entre septembre et décembre 2025, période durant laquelle 24,8 millions de personnes étaient confrontées à une crise alimentaire, voire à une situation pire encore», a ajouté la source, avant de préciser que ceci souligne l’aggravation et la persistance de la crise.

Selon la source, cette  situation met en évidence la nature profondément enracinée du conflit, notamment dans les provinces les plus touchées telles que le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, l’Ituri et le Tanganyika où les violences continuent d’affecter des familles, de détruire les moyens de subsistance, de perturber les marchés et de limiter l’accès aux terres agricoles.

La source note qu’à travers le pays, on compte plus de 7,8 millions de personnes déplacées internes, dont beaucoup ont perdu leurs maisons, leurs terres, leurs bétails et leurs sources de revenus. Parallèlement, la persistance de prix alimentaires élevés, la perturbation des chaînes d’approvisionnement et la récurrence d’épidémies, notamment de choléra, de rougeole et de variole, fragilisent encore davantage des communautés déjà vulnérables.

«La situation nutritionnelle est particulièrement alarmante. On estime à 4,18 millions le nombre d’enfants de moins de cinq ans nécessitant un traitement pour malnutrition aiguë (janvier-juin 2026). Parmi eux, plus de 1,3 million souffrent ou devraient souffrir de malnutrition aiguë sévère, une affection potentiellement mortelle qui peut s’avérer fatale en quelques semaines sans traitement », a fait savoir la source.

Plus de 1,5 million de femmes enceintes ou allaitantes devraient souffrir de malnutrition aiguë, ce qui aggrave encore les risques sanitaires pour les mères et les enfants, souligne la source. Enfin, la FAO et le PAM avertissent également que l’aide humanitaire reste largement insuffisante par rapport aux besoins et que, sans investissements urgents et soutenus, la crise risque de s’aggraver davantage, avec des conséquences potentiellement irréversibles pour des millions de personnes. ACP/C.L.

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