Kinshasa, 23 juin 2026 (ACP).- Les droits des veuves et des orphelins ont fait l’objet des échanges mardi à Kimbanseke, dans l’Est de Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC), lors d’une journée de sensibilisation organisée en vue de les aider à faire appliquer les lois existantes et à garantir leur protection juridique.
« On doit se battre pour soutenir les veuves, leur dire qu’il y a une loi qui les protège, qu’elles ont des droits ainsi que leurs enfants. Être veuve n’est pas une fatalité, mais l’on doit se lever pour faire prévaloir ses droits », a déclaré Me Norbert Mbala, conseiller juridique de l’Asbl« Fondation Libota » (FL).
« Être veuve ne doit plus être synonyme de vulnérabilité. Il est temps de se lever pour faire appliquer les lois existantes et garantir la protection juridique des veuves et de leurs enfants. Unissons nos forces pour que chaque veuve connaisse ses droits et défende l’avenir de ses enfants », a-t- il ajouté.
Me Mbala a fait savoir que cette rencontre visait à outiller et à redonner de la dignité à des vingtaines de femmes veuves de cette municipalité.
« Le veuvage n’est pas une fatalité mais plutôt un combat pour la justice, avant de condamner fermement le fossé qui existe entre la législation congolaise et les pratiques locales », a-t-il dit, rappelant que la date du 23 juin, instituée par l’Assemblée générale des Nations unies en 2010, doit servir de levier pour faire reculer la précarité des familles endeuillées.
« L’exclusion sociale prend une forme réelle et concrète à l’annonce du décès du mari. La peur du mauvais sort et de la sorcellerie suffit pour remettre tout le monde dans les rangs. Le veuvage passe parfois de 45 jours à deux ans, et les jeunes orphelins deviennent sans domicile fixe, voués à l’errance, alors que leur sort devrait constituer une préoccupation pour tout le monde », a-t-il martelé.
Le conseiller juridique de l’Asbl « Fondation Libota » a toute fois insisté sur la responsabilité des couples face à la justice, avant d’appeler au respect de la loi et à la généralisation du mariage civil.
Il a également exhorté les femmes à refuser le concubinage de longue durée et à privilégier l’union légale pour garantir la transmission de l’héritage aux enfants.
De son côté, Mme Bernadette Malongi, caissière de l’association, a partagé son expérience pour sensibiliser la jeunesse, avant de s’adresser directement aux jeunes filles de la municipalité.
« J’exhorte les filles non encore mariées à accomplir ce geste dans les différents endroits habilités à organiser les cérémonies de mariage civil. L’acte de mariage est un document capital pour assurer notre défense et celle de nos enfants en cas de disparition du conjoint », a-t-elle insisté.
Elle a interpellé le gouvernement central, tout en plaidant pour un accompagnement accru de la part du ministère des Affaires sociales et Actions humanitaires, ainsi que celui du Genre, famille et enfant (Gfae), afin de sanctionner plus sévèrement les bourreaux qui profitent de l’ignorance des victimes pour bafouer la loi.
Les participantes ont exprimé leur profonde détresse face aux violences physiques, psychologiques et économiques qu’elles subissent régulièrement sous le couvert de traditions rétrogrades.
Ces échanges étaient axés autour du thème central : « Les rites du veuvage : redonnons la dignité aux femmes ».
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