Kinshasa, 25 sept. 2025 (ACP).- Les facteurs et incidences hydriques, sanitaires, scolaires et liés au genre de la corvée d’eau chez les filles adolescentes en milieux périurbains de Kinshasa ont été analysés dans une thèse de doctorat soutenue jeudi, à l’Université de Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC). « L’objectif principal de notre travail était d’analyser la situation des filles par rapport à la corvée d’eau : ce qu’elle implique, les facteurs qui perpétuent cette pratique, les raisons pour lesquelles seules les filles en sont chargées et les conséquences qu’elles subissent », a déclaré Jean-Marie Mukiese, docteur en santé publique.
« Nous proposons que le gouvernement prenne ce problème à cœur afin d’assurer l’approvisionnement en eau des ménages, de sorte que les filles ne soient plus systématiquement en première ligne dans cette collecte », a-t-il ajouté. Selon Dr Mukiese, l’accès à l’eau constitue un problème majeur dans les milieux périurbains. «Malheureusement, selon les normes sociales, ce sont les filles qui sont le plus sacrifiées pour la collecte de l’eau, et la communauté ignore souvent les conséquences de cette corvée ».
Le doctorant a précisé que la corvée d’eau affecte la scolarité des filles qui ont du mal à se rendre régulièrement à l’école et à réussir leurs cours en raison du temps consacré à cette tâche. «Pendant la collecte, elles sont exposées à la violence, contractent des maladies liées à l’eau et souffrent d’épuisement dû au transport des charges. Il est important que la communauté prenne conscience de ces difficultés et revoie les normes sociales qui pénalisent les filles », a-t-il précisé.
Au ministère du Genre, a-t-il recommandé de s’appuyer sur les résultats de cette recherche pour mobiliser les organisations fournissant de l’eau, comme les réseaux communautaires, afin de rapprocher l’eau des ménages et de réduire les déplacements des filles vers les points d’eau. Cette mesure vise à les protéger des violences et des difficultés scolaires liées à la corvée.ACP/

