Kinshasa : la jeunesse appelée à s’impliquer dans la surveillance électorale

Kinshasa, 10 décembre 2023 (ACP)-. La jeunesse congolaise a été appelée samedi à Kinshasa à s’impliquer dans la surveillance électorale pour des scrutins crédibles, lors d’une conférence sur : « l’histoire des élections et conflits ethniques en RDC ».

« J’appelle la jeunesse à s’impliquer dans la surveillance électorale pour des scrutins crédibles.  Il faudra vraiment de l’engagement citoyen. Si nous faisons un mauvais choix, nous tournerons à rond. La jeunesse a un grand rôle à jouer dans le processus électoral en cours », a déclaré Igor Matonda,  professeur à l’Université pédagogique nationale (UPN).

Intervenant sur l’histoire des élections en RDC durant la troisième République, il a fait savoir que « les précédents cycles électoraux se sont déroulés avec beaucoup de heurte. Mais avec celui-ci, il faudrait que la jeunesse soit impliquée dans la surveillance électorale afin de choisir des bons dirigeants dont le pays a besoin ». 

Pour réduire les conflits ethniques, a-t-il indiqué, il faut qu’il y ait une forte sensibilisation et de conscientisation au civisme électoral afin que les campagnes se passent dans de bonnes conditions.

« Il faudra qu’il y ait vraiment débat de société; pas des discours tout simplement sur le sexe des anges, mais plutôt des débats sur les questions politiques, économiques, la santé, l’éducation. Voilà où nous voulons amener la population », a proposé le professeur Igor Matonda.

A cette occasion, il a invité les candidats à faire preuve de rigueur dans le traitement de leurs discours pour ne pas tomber à la haine et aux violences, d’une part, et les jeunes à ne pas se laisser manipuler par les politiciens dans le but d’éviter les conflits ethniques qui ne font  pas avancer le pays, d’autre part.

« Aux politiques et  aux jeunes, d’accepter les résultats qui vont sortir de ce scrutin. Et si jamais les irrégularités de fraude sont claires, il faudrait qu’il ait des témoins. En cas des irrégularités des fraudes avérées, il faudrait porter cela dans les cours et tribunaux pour que les contentieux électoraux soient  étayés des preuves », a soutenu le professeur Matonda.

La congolaise, une actrice de paix

« La femme congolaise a toujours été une actrice de paix », a déclaré Mme Faida Mwangilwa, Consultante genre, qui intervenait sur la thématique : « de quelle manière la femme congolaise peut réduire les risques des conflits tribaux lors du processus électoral ».

« En tant qu’actrice de paix, la femme congolaise l’a témoigné pendant de moments difficiles qu’à traverser notre pays. Là, je parle des négociations politiques inter congolais à Sun-city en Afrique du Sud, où nous avons vu les femmes de toutes les tendances confondues se mobiliser dans le seul objectif de retrouver la paix dans le pays », a rappelé Faida Mwangilwa.

« Aujourd’hui, peu importe les circonstances, nous devons travailler comme des vraies femmes. Nous devons continuer de travailler en synergie avec les jeunes, hommes et vieux pour que les élections se passent dans un climat apaisé », a-t-elle insisté, avant d’inviter la jeunesse à prendre le bâton de commandement et dire non à la haine, à la révolte et aux violences.

De son côté, Laurence Pita, analyste politique qui dépistait les problèmes qui entravent les élections au point d’occasionner des conflits tribaux à l’issue du processus électoral a, par ailleurs, proposé une piste de solution : « celle de confier la gestion de l’organisation des élections au ministère de l’Intérieur tel que le Sénégal le fait ».

« Que l’organisation des élections ne soit plus l’apanage de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ou à l’arrivée de chaque président, nous engageons des dépenses excessives,  tantôt on perd l’une des compétences du point de vu idées, mesures et idéologies », a conclu Laurence Pita.

S’agissant des objectifs de cette conférence, Dieudonné Kambayi, coordinateur national de « Change Asbl », a noté que cette conférence avait plusieurs objectifs, notamment, dépister les vrais problèmes qui entravent les élections en RDC, proposer des pistes de solutions qui permettront de crédibiliser les scrutins, montrer comment l’inclusivité et la diversité peuvent servir d’atouts dans l’organisation de bonnes élections, et élucider le rôle de vote dans le renforcement de l’unité nationale dans une jeune démocratie.

Organisée avec l’appui financier de la structure belge « Coopération, Éducation, Culture », cette conférence est une suite logique de la campagne numérique lancée par « Habari RDC » au mois d’octobre sur les élections en RDC. Elle s’inscrit dans le cadre du Programme « Bokundoli »  en vue de  permettre à la jeunesse de murir des réflexions sur les questions de confiance, de crédibilité et de transparence sur le processus électoral. 

ACP/KHM

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