Kinshasa, 19 janvier 2026(ACP).- L’inclusion effective des personnes vivant avec handicap et autres personnes vulnérables (PVH-APV), notamment par la reconnaissance de la langue des signes comme la 5èmedu genre en République démocratique du Congo, constitue un héritage à la fois lourd et positif à matérialiser pour le pays.
Cette politique de lutte contre l’exclusion et de promotion de l’autonomisation effective des PVH, présentée par le Président de la République Félix Tshisekedi, dans son adresse à la nation le 08 décembre 2025 devant le Parlement réuni en congrès, témoigne une avancée majeure par rapport aux engagements constitutionnels antérieurs et une projection vers une société plus juste, plus équitable et plus inclusive, fondée sur le respect des droits humains.
Pour ce faire, la construction d’une société inclusive nécessite la participation de tous : institutions, communautés, familles et citoyens. L’inclusion des PVH n’est pas seulement un devoir juridique, mais un levier essentiel du progrès social et du développement durable.
La langue des signes congolaise (LSC) joue dans ce cas un rôle fondamental dans l’inclusion sociale et professionnelle des personnes sourdes. «C’est une clé pour l’égalité des chances», dirait-on.
La reconnaissance de la LSC comme 5ème langue nationale, à dire vrai, s’inscrit dans la vision du Chef de l’État mise en œuvre par Me Irène Esambo, ministre déléguée en charge des PVH-APV pour la concrétisation de l’article 44, alinéa 5 de la Constitution. Cette reconnaissance demande un engagement soutenu pour transformer cette aspiration de haute portée sociale. Le processus permettra aux 2 millions de personnes sourdes d’accéder pleinement à l’éducation, à l’information, à la santé, à la justice et à la participation citoyenne. C’est un moyen d’affirmer les droits linguistiques et l’identité des personnes sourdes, de mettre fin à l’injustice de laisser une partie de la population sans communication.
Défis à relever
Bien que des avancées notables comme la publication d’une loi organique, la création d’une Académie et des travaux d’harmonisation, aient été enregistrées dans ce processus, l’objectif final n’est pas encore pleinement atteint.
Même si les mentalités évoluent, les défis majeurs restent de convaincre les décideurs de rendre les interprètes permanents dans les lieux publics (hôpitaux, tribunaux, entreprises) et d’organiser des campagnes de sensibilisation pour que toute la communauté apprenne la LSC.
Selon Merveille Kisongo, coordonnatrice du Bureau genre et inclusion du Réseau national des interprètes et communicateurs gestuels en langue des signes (RIGS), reconnaître la LS (langues des signes), c’est garantir une société inclusive. Selon lui, l’Exécutif congolais devra continuer à œuvrer pour renforcer l’autonomie, l’accessibilité et la participation citoyenne de cette catégorie sociale.
«Il est important d’introduire l’apprentissage de la LS dans le programme scolaire en RDC, dès la maternelle pour faciliter cette insertion sociale des personnes malentendantes ou sourdes», a-t-il dit.
En RDC la donne handicap est institutionnalisée sous le leadership du Président Tshisekedi, et plusieurs avancées significatives ont été enregistrées dans ce secteur. La reconnaissance de la LSC comme l’une des langues nationales de la RDC, aux côtés du Lingala, Tshiluba, kikongo et Swahili, constituent une clé essentielle pour l’égalité des chances et un outil pour lutter contre la discrimination et la pauvreté. Les efforts engagés dans l’autonomisation, l’inclusion sociale et l’accessibilité environnementale des personnes sourdes, notamment l’harmonisation et d’uniformisation de la LSC dont les travaux ont été lancés en 2021 par le ministère des PVH-APV ainsi que la finalisation d’un dictionnaire congolais en langue des signes (LS) soutenu par l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) en 2025, doivent se poursuivre afin de répondre aux engagements internationaux de la RDC, rappelant le rôle du pays en tant que partie prenante à la Convention relative aux droits des personnes handicapées.
Cela étant, l’urgence s’impose sur la nécessité de poursuivre et d’accélérer la mise en œuvre des projets structurants destinés à améliorer durablement les conditions de vie de cette catégorie sociale.
ACP/C.L.

