Numérique : lancement d’une campagne contre la misogynie et le harcèlement en RDC 

Kinshasa, 18 août 2026 (ACP).- Une campagne en ligne dénommée : »Touche pas à ma sœur « , a été lancée mardi, pour lutter contre la misogynie, le harcèlement et attaques sexistes dont sont victimes de nombreuses femmes en République démocratique du Congo (RDC) sur les plateformes numériques, selon une note éditoriale d’un magazine virtuel parvenu à l’ACP. 

« Défendre une femme ne signifie pas forcément être d’accord avec elle. Cela signifie simplement refuser qu’elle soit humiliée, harcelée ou déshumanisée. C’est pourquoi, nous lançons la campagne : « Touche pas à ma sœur  » pour dire : non à la misogynie, non au harcèlement numérique, non aux insultes dégradantes, non aux attaques sexistes, non à l’humiliation publique, non à la banalisation de la violence verbale, non à celles et ceux qui pensent que l’écran leur donne tous les droits », a écrit Kikina Mungul Diaka, éditrice du magazine « Le coup de gueule de la femme « .

Selon elle, le désaccord ne donne jamais le droit de détruire la dignité de l’autre, surtout, de favoriser la violence entre femmes.

« Nous pouvons être différentes et avoir des opinions opposées, nous pouvons appartenir à des camps politiques différents, nous pouvons ne pas nous apprécier, mais cela doit rester une limite que personne ne peut franchir », a-t-elle indiqué, précisant que les réseaux sociaux sont des espaces de liberté, mais pas l’absence de règles.

Mme Mungul Diaka a fait savoir qu’en RDC comme ailleurs, l’expression publique et numérique s’exerce dans un cadre légal. 

« Les comportements constitutifs de harcèlement, d’injures, de menaces, de diffamation ou d’autres atteintes aux droits d’autrui peuvent engager la responsabilité de leurs auteurs. Et pourtant, nous assistons chaque jour à une banalisation inquiétante de la violence verbale sur Internet. Le plus révoltant est peut-être de voir des femmes s’en prendre à d’autres femmes avec une violence qui dépasse parfois le simple désaccord. Des femmes humilient, insultent et harcèlent d’autres femmes », a-t-elle déploré.  

« Une femme agressée publiquement n’est pas moins victime parce que l’agression vient d’une autre femme. Une insulte ne devient pas moins humiliante parce qu’elle est prononcée par une femme. Un harcèlement numérique ne devient pas moins grave parce qu’il est commis derrière un téléphone. Et une attaque sexiste ne devient certainement pas acceptable parce que son auteur partage le même sexe que sa victime », a-t-elle renchéri.

Cette campagne vise à rappeler la population congolaise que les réseaux sociaux doivent rester des espaces de débat, pas des tribunaux populaires, des espaces de confrontation des idées, pas des lieux de destruction des personnes, des espaces de liberté, mais aussi de responsabilité. ACP/k/YM

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