Promotion de l’avortement sécurisé : la vulgarisation du Protocole de Maputo encouragée à Kinshasa

Kinshasa, 30 septembre 2026 (ACP).- Des femmes ont été encouragées à vulgariser le Protocole de Maputo dans le but de promouvoir un avortement sécurisé, dans un échange mercredi, à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), avec un psychologue en  marge de la Journée mondiale du droit à l’avortement.

«J’encourage les femmes à vulgariser le Protocole de Maputo dans le but de procéder à un avortement sécurisé», a déclaré M. Derrick Wetshosongo Lushima, psychologue clinicien au Centre Neuro-Psycho-Pathologique (CNPP).

M. Wetshosongo a toutesfois précisé qu’en tant que psychologue clinicien, il ne peut guère autoriser l’arrêt d’une vie humaine embryonnaire ou fœtale par l’avortement, bien qu’il soit médicalisé, il existe néanmoins des conditions de haute sévérité pour lesquelles un avortement médicalisé pourrait être accepté.

Parmi les conditions à haute sévérité nécessitant un avortement médicalisé, il y a entre autres : une grossesse issue du viol, de l’inceste, ou présentant des complications dangereuses pour l’embryon ou le fœtus, pouvant compromettre le bon développement du bébé et mettre en danger la vie de la femme enceinte, a-t-il dit.

M. Wetshosongo a rappelé que la loi, dans le Code pénal de la RDC, interdit toute interruption de grossesse par avortement. Les auteurs ayant participé ou aidé à cet acte sont punis de servitude pénale de 5 à 15 ans de prison.

Il a cependant relevé que le Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatifs aux droits de la femme en Afrique, dit «Protocole de Maputo», autorise l’avortement médicalisé dans les mêmes conditions évoquées ci-haut.

«Pour lui, en titre de rappel, toute grossesse issue du viol, de l’inceste, avec des complications graves pour le développement de l’embryon ou du fœtus, ou avec atteinte de l’intégrité de la santé physique et de la santé mentale de la femme enceinte, peut être interrompue dans les conditions les plus propices possibles», a-t-il précisé.

Étant donné que les lois internationales priment sur les lois nationales, la RDC a ratifié le Protocole de Maputo en 2018. Dès lors, cet avortement médicalisé doit se faire dans des conditions hautement sécurisées et sanitaires, a fait savoir le psychologue.

Par ailleurs le psychologue a suggéré un accompagnement psychologique de la femme, avec un suivi intégral avant et après l’avortement médicalisé, afin de prévenir et d’éviter toute perturbation mentale ou physique.

Il sied de noter que ce protocole a été adopté le 11 juillet 2003, par l’union africaine et a fait l’objet de la loi n6/015 du 12 juin 2006 autorisant l’adhésion de la RDC à ce même protocole

ACP/Kik./Mok

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