Kinshasa, 23 juin 2026 (ACP).- Le parcours de la première femme universitaire et ministre de la République démocratique du Congo (RDC), a été qualifié mardi de socle de l’émancipation intellectuelle et politique des femmes congolaises, selon un éditorial du magazine « Le coup de gueule de la femme », en prélude au 66ème anniversaire de l’indépendance du pays.
« Sophie Madeleine Kanza a activement milité pour l’égalité des chances et la levée des barrières socioculturelles limitant l’instruction des femmes. Son parcours demeure, en 2026, un modèle de référence pour l’intégration des femmes dans les filières scientifiques, l’entrepreneuriat et les instances de gouvernance publique en République démocratique du Congo », a écrit Kikina Mungul Diaka, initiatrice du magazine « Le coup de gueule de la femme ».
« Première femme ministre du pays en 1966 et première Congolaise diplômée de l’enseignement supérieur universitaire, elle incarne une figure historique dont l’héritage continue d’inspirer les générations actuelles de Congolaises face aux barrières persistantes de la société », a précisé ce texte commémoratif.
Selon ce magazine, le 31 octobre 1966, soit six ans seulement après l’accession de la RDC à l’indépendance, Sophie Kanza avait intégré l’exécutif national. En endossant le rôle de ministre des Affaires sociales, elle avait brisé le monopole masculin de l’univers politique de l’époque.
« Sophie Kanza ne demandait pas une place. Elle démontrait qu’elle la méritait », a souligné le document, qualifiant cette nomination de véritable révolution visuelle et structurelle pour la nation.
Un combat inachevé en 2026

Cet éditorial a également précisé qu’au-delà de l’hommage, sa trajectoire soulève une prise de conscience critique sur la situation actuelle de la parité. En 2026, l’accès de la jeune fille à certaines filières académiques et la reconnaissance de son ambition restent des sujets de lutte quotidienne en RDC.
« Le véritable héritage de Sophie Kanza n’est ni un titre, ni une fonction, ni un diplôme. C’est une idée simple mais puissante : aucune porte ne devrait rester fermée à une femme parce qu’elle est une femme », a conclu la tribune.
Née le 8 février 1940 à Léopoldville (actuelle Kinshasa), Sophie Kanza a bousculé les codes d’une époque où l’avenir des jeunes filles se limitait à l’obéissance. En 1961, elle s’impose comme la première Congolaise à décrocher un diplôme complet d’études secondaires. Elle poursuit son ascension en Suisse et obtient, en 1964, une licence en sociologie à l’Université de Genève.
Diplomate, sociologue et pionnière, Sophie Madeleine Kanza s’est éteinte le 2 avril 1999, laissant derrière elle un chemin tracé pour chaque étudiante, entrepreneure et dirigeante publique du Congo moderne.
ACP/A/MN

