Kinshasa, 11 mars 2026 (ACP).- Le monde entier a célébré le 08 mars, la Journée internationale des droits des femmes sous le thème : « Droits, justice, action pour toutes les femmes et filles », alors qu’en République démocratique du Congo (RDC), cette célébration a porté sur le thème : « Droits garantis : autonomisation durable pour toutes les femmes et les filles« .
Ces thèmes constituent un appel à l’action pour mettre fin aux violences et aux discriminations dont sont victimes les femmes congolaises, car elles sont confrontées à des violences basées sur le genre (VBG), des obstacles à l’accès à la justice et aux opportunités économiques, et des défis dans l’accès à l’éducation et à la santé.
Dans une interview accordée mardi à l’ACP, dans le cadre du mois de mars dédié à la femme, Christelle Mpongo, éditrice de « Femme d’Afrique magazine » et présidente de l’ONG « Kivuvu ya N’kento« , a indiqué que ce thème souligne l’importance de l’autonomisation économique des femmes, de la lutte contre les violences basées sur le genre et de la promotion de l’égalité des genres. Il s’agit de transformer les engagements en actions concrètes pour garantir les droits des femmes et des filles en RDC », a-t-elle déclaré.
Question 1 : L’autonomisation durable passe notamment par la confirmation du leadership, à travers la représentativité féminine dans les instances décisionnelles du pays conformément à la Constitution qui réserve un quota de 30 % aux femmes. Comment jugez- vous cette représentativité actuellement, particulièrement dans les médias et quelles solutions envisager pour améliorer le leadership féminin en RDC et dans le secteur de la communication?
Réponse 1 :
Pour améliorer le leadership dans le secteur de la communication en RDC, voici quelques pistes :
-Renforcer les capacités : il est important d’offrir aux femmes des média des formations et des ateliers pour développer les compétences en communication, gestion de projet et leadership. L’utilisation des technologies s’avère indispensable. Les femmes journalistes doivent tirer parti des outils numériques pour améliorer la communication et atteindre un public plus large.
– Promouvoir la diversité : les responsables des médias doivent encourager la participation des femmes et des jeunes dans les postes de décision pour apporter des perspectives fraîches et innovantes.
Question 2
Quels droits garantir aux femmes vivant dans des zones en conflits, notamment le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, l’Ituri et une partie du Maï-Ndombe en proie aux attaques de la milice Mobondo ?
Réponse 2
Les femmes vivant dans les zones de conflit en RDC ont droit à une protection contre les viols, les mutilations, les grossesses forcées et les maladies sexuellement transmissibles, contre la traite des êtres humains, y compris la prostitution forcée et l’esclavage sexuel. Elles ont droit à des soins médicaux d’urgence, y compris les soins obstétriques et les traitements contre les maladies sexuellement transmissibles.
Elles ont droit à un soutien psychosocial pour les aider à surmonter les traumatismes liés aux violences sexuelles, à un accès à la justice et à des mécanismes de réparation pour les crimes commis contre elles.
Elles ont aussi besoin d’une garantie à une autonomisation économique pour leur permettre de subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles. Il est essentiel de garantir ces droits pour protéger les femmes et les filles dans les zones de conflit en RDC et promouvoir leur dignité et leur bien-être.
Question 3
Quelles stratégies ou politiques mettre en place pour rendre chaque femme et chaque fille congolaise autonome selon son domaine d’activité, dans un contexte de guerre d’agression en RDC ?
Réponse 3
Il faudra penser premièrement : à l’éducation et formation en créant des programmes d’alphabétisation et de scolarisation des filles. Il faudra également multiplier des initiatives de microcrédit, comme celles menées par le Fonds de développement pour les femmes africaines (AWD), en vue de garantir l’autonomisation des femmes et des jeunes filles congolaises dans leurs domaines respectifs, malgré les défis posés par la guerre.
Pour cela il faudra mener des actions telles que le renforcement de l’autonomisation économique des femmes en garantissant l’accès à la justice et aux opportunités économiques, la lutte efficace contre les VBG, la promotion de l’égalité des genres
L’autonomisation des femmes et des jeunes filles congolaises est un enjeu crucial, surtout dans le contexte de la guerre en RDC. Il est temps de passer de la parole aux actes pour garantir les droits des femmes et des filles en RDC. En mettant en œuvre ces actions, le leadership dans le secteur de la communication en RDC pourra être renforcé, contribuant ainsi au développement du pays. ACP/UKB

