« Bâtir un avenir euro-congolais ensemble », thème d’une conférence à Bruxelles

Bruxelles, 7 mai 2026 (ACP).- Le rôle joué par la Belgique face à l’agression du Rwanda contre la République démocratique du Congo a été salué jeudi par le ministre congolais de la Communication et Médias, et celui des Droits humains, dans leurs interventions lors de la conférence organisée à Bruxelles sur le thème « Bâtir l’avenir euro-congolais ensemble », à l’invitation de Mme Hilde Vautmans, députée européenne et président de l’Assemblée parlementaire paritaire Afrique-Union européenne.

« La Belgique s’est tenue du bon côté de l’Histoire », a affirmé M. Patrick Muyaya, ministre de la Communication et médias, qui a appelé l’UE à venir investir en Afrique. « Aujourd’hui, il est important pour l’Europe de regarder l’Afrique avec un regard africain et non européen », exhortant les hommes d’affaires européens à « prendre davantage des risques » et revenir en Afrique, un continent voisin de l’Europe et qui dispose de deux atouts importants,  la jeunesse et les ressources énergétiques.

Concernant l’environnement régional, M. Muyaya a souligné les efforts fournis par le Président Félix Tshisekedi pour améliorer les relations avec les pays voisins.

Au sujet de la guerre menée par le Rwanda contre la RDC, il a qualifié de « mensonge » le narratif présenté par Kagame de défendre les Tutsi qui seraient maltraités au Congo. M. Muyaya a d’ailleurs fait remarquer qu’aucun Congolais n’a joué un quelconque rôle dans le génocide rwandais.

Pour des sanctions de l’UE  contre Kigali

Pour sa part, le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba, a fait une restitution des entretiens qu’ils ont eus avec des membres du parlement européen.

Me Samuel Mbemba, ministre des Droits humains (3è à partir de la gauche), tenant un micro en mains.

A ce sujet, il a fait état des « évidences », à savoir que, depuis trente ans, la RDC est agressée par le Rwanda et que, depuis un an, le territoire congolais est occupé par les troupes de Kigali.

Citant les rapports des Nations unies, il a relevé que l’agression rwandaise a provoqué dix millions de morts et sept millions de déplacés internes. Il a aussi noté que dans tous ces rapports, on reconnait qu’il y a eu agression, crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Mais, on ne qualifie pas cela de génocide.

Aux parlementaires de l’UE, a-t-il ajouté, la délégation congolaise a demandé que l’UE adopte à l’égard de Kigali la même attitude que les Etats-Unis, c’est-à-dire en prenant des sanctions contre les responsables de cette agression. M. Mbemba a appelé les Congolais de la diaspora, partout où ils se trouvent,  à intensifier le lobbying pour faire reconnaitre les génocides congolais.

Mme Melissa Zalo, qui se présente comme la chargée des relations internationales de la diaspora congolaise et dont le jeune frère, soldat des Forces armées de la RDC (FARDC), est mort récemment au combat, a également salué les efforts financiers de l’UE pour aider les populations sinistrées dans l’Est de la RDC. Mais, a-t-elle souligné, les résultats sont insuffisants face à la misère humaine. Elle a appelé à la paix et à la justice.

La conférence a été ouverte par M. Frédéric De Gucht, président du parti libéral flamand, qui a souligné les liens qui unissent depuis fort longtemps Belges et Congolais. Selon lui, évoquer les relations entre la Belgique et la RDC, c’est évoquer un « passé partagé ».

Quant à Mme Hilde Vautmans, qui a qualifié les deux ministres congolais de « soldats du peuple », elle a promis de continuer à se battre pour le retour de la paix en RDC. ACP/

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