Belgique-RDC : 14 inculpés déférés devant un tribunal pour un contrat signé sous Kabila

Bruxelles, 1er septembre 2026 (ACP).- Les 14 inculpés dans l’affaire Semlex, liée à la production des passeports biométriques de la République démocratique du Congo (RDC) sous le régime de l’ancien président Joseph Kabila, ont été renvoyés lundi devant le tribunal correctionnel belge pour des faits présumés de corruption internationale, de blanchiment et de fraude fiscale, selon l’agence Belga.

« Nous pouvons confirmer que tous les suspects ont été renvoyés devant le tribunal correctionnel », a indiqué le parquet fédéral, cité par le média belge.

L’affaire porte sur le contrat conclu entre les autorités congolaises et l’entreprise belge Semlex pour la production et la délivrance des passeports biométriques congolais. Semlex a assuré ce service en RDC de 2015 à 2025, une période qui couvre notamment les dernières années de la présidence de Joseph Kabila, au pouvoir jusqu’en janvier 2019.

Selon les parties civiles, le dossier met en cause un mécanisme financier présumé organisé autour du contrat de passeports, dont une partie des bénéficiaires aurait été liée à l’entourage de l’ancien président congolais. Pour chaque passeport vendu 185 dollars, quelque 60 dollars auraient été reversés à LRPS Ltd, une société établie à Dubaï et présentée comme étant liée à une proche de Joseph Kabila, dont l’identité n’a pas été précisée dans les éléments rapportés par Belga.

D’après les parties civiles, ce système aurait ainsi permis de détourner ou de transférer illicitement près de 60 millions de dollars, soulevant des interrogations sur la destination des fonds versés par les citoyens congolais pour l’obtention de leurs passeports.

Les 14 inculpés devront répondre, selon les parties civiles, de faits présumés de corruption d’agents publics étrangers, blanchiment et fraude fiscale. À ce stade, ils bénéficient de la présomption d’innocence.

L’enquête de la justice belge a été ouverte en 2017, avant une perquisition des bureaux de Semlex en Belgique en janvier 2018. En mai 2020, 51 citoyens congolais se sont constitués parties civiles. La Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), la Ligue des droits humains (LDH), Unis, Transparency International et Transparency International Belgique ont également rejoint la procédure.

Après près de neuf années d’enquête, les parties civiles ont salué la décision de renvoyer les inculpés devant le tribunal correctionnel. Elles espèrent que le procès permettra d’établir les responsabilités dans ce qui est présenté comme un système de corruption transnational et surtout de déterminer la destination d’une partie des sommes payées par les citoyens congolais.

Le dossier met ainsi au premier plan les conditions financières et les connexions politiques entourant le marché des passeports conclu sous la présidence de Joseph Kabila, sans que le renvoi des inculpés devant le tribunal ne préjuge de leur culpabilité ni n’établisse, à lui seul, une responsabilité pénale de l’ancien président.

Selon Belga, Semlex serait la première entreprise belge renvoyée devant un tribunal correctionnel belge pour des faits présumés de corruption internationale. ACP/CL/AKK

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