Kinshasa, 11 septembre 2026 (ACP).- Une plateforme politique de l’opposition a fixé, vendredi, lors d’une conférence de presse, des préalables à sa participation au dialogue national inclusif, notamment la garantie que ces assises préservent la souveraineté et l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo(RDC).
« La Coalition des patriotes pour le changement (CPC) ne viendrait au dialogue que si et seulement si elle a la garantie que la souveraineté du Congo, son indépendance et son intégrité territoriale ne sont négociables, ni aujourd’hui, ni demain, ni à jamais. Mais la CPC ne viendrait au dialogue que si et seulement si, après le dialogue, le gouvernement congolais saisira le Conseil de sécurité pour la création d’un tribunal pénal international contre les crimes connus au Congo depuis plus de trois décennies maintenant », a déclaré Pathy Katanga, coordonnateur de la CPC.
« La CPC ne viendra au dialogue que si et seulement si nous nous attaquons fondamentalement à la corruption, au détournement de fonds, au groupe mafieux, et si nous redéfinissons ensemble la génétique du pouvoir. La CPC ne viendra au dialogue que si et seulement si c’est un dialogue constructif. Pas les gens qui ont pris les armes à la main venir nous faire du chantage. Le dialogue, c’est le dialogue du peuple », a-t-il ajouté.
Pour le coordonnateur de cette plateforme politique, aucune puissance étrangère, aucun arrangement diplomatique et aucun calcul géopolitique ne peut décider à la place du peuple congolais de l’avenir de son territoire.
« Chaque centimètre carré de la RDC appartient au peuple congolais. C’est pourquoi nous estimons nécessaire de revoir les dispositions constitutionnelles (…) Nous devons donc verrouiller juridiquement notre Constitution afin que jamais la souveraineté territoriale de la RDC ne puisse devenir l’objet d’un marchandage politique », a martelé M. Katanga.
Un tribunal pénal international réclamé pour les crimes
Depuis plus de trois décennies, a-t-il rappelé, le peuple congolais subit des guerres, des massacres, des déplacements de populations et des violations massives des droits humains.
« Des familles ont été détruites, des villages ont été vidés, des générations entières ont grandi dans la guerre. Et pourtant, trop souvent, les victimes congolaises ont été réduites au silence. La CPC estime que la paix sans justice n’est pas une paix durable. Nous demandons donc la mise en place d’un tribunal pénal international pour les crimes commis en RDC depuis plus de trois décennies », a-t-il fait savoir.
M. Pathy Katanga a indiqué que la crise de la RDC n’est pas seulement sécuritaire, mais également liée à la gouvernance et à l’organisation de l’État, précisant que le pays ne peut pas continuer à consacrer une part disproportionnée de ses ressources au fonctionnement des institutions et au train de vie des dirigeants pendant que la population manque d’écoles, d’hôpitaux, de routes, d’électricité et de sécurité, avant de proposer la refondation de l’État.
« La RDC est un pays riche, mais son peuple reste pauvre. Cette contradiction n’est plus acceptable (…) Nous devons reprendre en main le destin de notre nation. Nous devons défendre notre souveraineté. Nous devons protéger notre territoire. Nous devons rendre justice aux victimes. Nous devons réformer notre État. Nous devons combattre la corruption. Nous devons renforcer notre armée. Et nous devons placer le peuple congolais au cœur de toute décision concernant son avenir », a-t-il conclu.
Cette conférence de presse a marqué la rentrée politique de cette plateforme de l’opposition républicaine.
ACP/R. N/A

