Kinshasa , 11 septembre 2026 (ACP).- Vingt-cinq ans après les attentats du 11 septembre 2001, la menace terroriste connaît de nouvelles mutations à travers le monde, nécessitant une adaptation constante des mécanismes de prévention et de lutte, a relevé un expert en terrorisme et contre-terrorisme, lors d’un entretien téléphonique accordé à l’ACP.
« Le terrorisme est en excroissance dans le monde. Il est peut-être vrai que les États-Unis n’ont plus connu d’attaques terroristes de grande envergure, à l’exception de quelques cas de loups solitaires, mais le monde connaît la montée de la terreur », a déclaré Hubert Kahozi, expert en terrorisme et contre-terrorisme.
Selon cet expert, les attentats du 11 septembre ont constitué un tournant majeur dans l’approche internationale de la lutte contre le terrorisme, celui-ci ayant été considéré comme une menace contre la paix et la sécurité internationales.
« Ces attentats constituent un tournant en ce que le terrorisme a été déclaré comme une menace contre la paix et la sécurité internationale et sa lutte devra s’effectuer suivant le Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, qui veut que le Conseil de sécurité édicte des mesures que les États doivent appliquer », a-t-il expliqué.
Il a relevé qu’un autre tournant consécutif à cette évolution a été la mise en place du contre-terrorisme, entendu comme l’ensemble des politiques publiques, des dispositifs institutionnels et des stratégies opérationnelles que les États mettent en place pour prévenir et contrer les menaces terroristes.
« Ces mesures doivent s’inspirer des orientations des Nations unies », a-t-il ajouté.
La RDC appelée à renforcer son dispositif antiterroriste
M. Kahozi a estimé que les groupes terroristes ont développé de nouvelles méthodes, notamment à travers la constitution de cellules opérationnelles locales, en réponse au renforcement des contrôles des documents de voyage et d’identité.
Selon lui, cette capacité d’adaptation transforme le phénomène terroriste, désormais porté aussi par des structures locales capables d’agir dans différents environnements.
L’expert rappelle que la RDC, en tant que membre des Nations Unies et confrontée à des menaces terroristes sur son territoire, doit s’approprier des mesures internationales de lutte contre le terrorisme afin de renforcer sa résilience.
Concernant la situation dans l’Est, il cite notamment les ADF, groupe rebelle ougandais ayant fait allégeance à l’État islamique, qui, selon lui, continue de renforcer sa résilience malgré les opérations militaires menées contre lui.
Face à cette menace, Hubert Kahozi préconise une réponse « holistique », estimant que l’action militaire, bien qu’indispensable pour contenir la progression des groupes armés, ne peut à elle seule éradiquer la menace terroriste.
Il recommande ainsi d’agir également sur le financement du terrorisme, le recrutement et l’endoctrinement des enfants, tout en renforçant les mécanismes institutionnels de prévention et de lutte.
Pour la RDC, l’expert appelle finalement à une restructuration du dispositif institutionnel national de contre-terrorisme, qu’il juge insuffisamment adapté à l’évolution des menaces, afin de renforcer l’efficacité de la réponse nationale.
Cette analyse intervient à l’occasion de la commémoration du 25ᵉ anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, qui avaient profondément marqué l’approche internationale de la lutte contre le terrorisme et conduit à un renforcement des mécanismes de coopération et de prévention à l’échelle mondiale.
ACP / R. N

