Kinshasa, 31 août 2026 (ACP).- La participation élargie des Congolais au Dialogue national a été soutenue par le géostratège Éric Kamba, en appui à l’initiative du Président Félix Tshisekedi, estimant que « le Congo est beaucoup plus grand que sa classe politique », selon une tribune parvenue lundi à l’ACP.
Dans cette tribune intitulée « Dialogue national : quand la parole doit revenir à la Nation », Éric Kamba a appelé à « écouter le Congo profond », notamment les populations affectées par la guerre, l’insécurité, la pauvreté, le chômage et les difficultés d’accès aux services sociaux de base.
Cette position a rejoint l’orientation annoncée le 27 août par le Président Félix Tshisekedi, qui a prévu une vaste consultation à travers les 26 provinces avant la tenue des assises nationales à Kinshasa. Ces consultations ont été conçues pour recueillir les préoccupations et propositions des différentes composantes de la société congolaise.
Éric Kamba a ainsi estimé que le processus devait associer les autorités locales, les élus, les acteurs politiques, la société civile, les autorités coutumières et religieuses, les victimes des conflits, ainsi que les milieux économiques et universitaires.
Le géostratège a présenté la diaspora comme une composante à part entière de la Nation et comme une source importante d’expertise. Il a notamment évoqué les compétences disponibles dans la santé, la recherche, l’ingénierie, le droit, l’économie, la diplomatie, la sécurité et les technologies.
Selon lui, la diaspora ne s’est pas limitée à son rôle dans les transferts financiers, mais a constitué un « réservoir de compétences, d’expériences, de réseaux et d’influence » susceptible de contribuer à la reconstruction du pays.
Dans sa tribune, Éric Kamba a également appelé les acteurs politiques et sociaux à inscrire le Dialogue dans le respect de l’intégrité territoriale et du rejet de la violence comme moyen d’accès au pouvoir.
« Les armes ne doivent plus constituer un raccourci vers le pouvoir », a-t-il déclaré, estimant que la recherche de la paix ne devait pas conduire à légitimer la violence politique.
Cette position a rejoint l’orientation du Chef de l’État, qui a précisé que le Dialogue ne constituait ni une négociation avec l’agresseur ou ses supplétifs, ni un moyen de remettre en cause le choix souverain exprimé par les urnes.
Éric Kamba a reconnu aux responsables politiques, notamment Martin Fayulu et Jean-Marc Kabund, le droit de ne pas participer au processus et de critiquer ses modalités, tout en estimant qu’un refus individuel ou partisan ne pouvait représenter l’ensemble du peuple congolais.
Il a jugé que la crédibilité du processus dépendrait de sa représentativité, de l’implication des femmes, des jeunes et de la diaspora, ainsi que de la transparence des recommandations. Il a enfin appelé à dépasser les clivages entre majorité et opposition pour affronter la guerre, l’insécurité, la pauvreté, le chômage, la corruption et les faiblesses institutionnelles.
« Avoir le droit de ne pas participer ne signifie pas avoir le droit d’empêcher les autres Congolais de participer », a-t-il martelé.
ACP/P M

