Kinshasa, 23 février 2026 (ACP).– La donnée administrative a été recommandée comme un actif stratégique de la souveraineté urbaine dans la gouvernance des villes secondaires en République démocratique du Congo (RDC), lors d’une matinée scientifique, selon un document de la branche scientifique d’un parti politique consulté lundi par l’ACP.
« Nous recommandons la donnée administrative comme actif stratégique de la souveraineté urbaine. Produite de manière continue, intégrée et exploitable, elle permet de dépasser la gestion réactive pour instaurer une gouvernance des villes secondaires fondée sur des preuves », a déclaré Mme Arly Ntumba, spécialiste en gouvernance stratégique et secrétaire générale du Corps de l’élite scientifique de l’Union pour la démocratie et le progrès social (CES-UDPS), lors de cette matinée scientifique.
Selon la source, à cette occasion, l’oratrice a notamment mis en exergue l’importance de la numérisation intégrée comme levier de transformation institutionnelle pour les villes secondaires.
« La numérisation intégrée est un levier de transformation institutionnelle. Les villes secondaires peuvent devenir des pôles de développement mesurables et planifiés. L’approche progressive et pragmatique est la clé du succès. La RDC peut montrer la voie pour toute l’Afrique subsaharienne », a-t-elle indiqué.
Intervenant sur le thème : « Quand la donnée devient souveraineté urbaine : fiscalité numérique, état civil et développement des villes secondaires en RDC », Mme Ntumba a également préconisé la mise en place d’un Système numérique intégré de fiscalité et de l’état civil urbain (Snifecu) afin de transformer la gouvernance urbaine et de soutenir un développement durable et autonome des villes secondaires.
Selon elle, les résultats attendus de cette intégration numérique sont notamment le renforcement de la mobilisation fiscale, la fin des tracasseries administratives, la fiabilité des données démographiques ainsi que la restauration du contrat fiscal urbain.
L’experte a, par ailleurs, souligné le déséquilibre territorial en RDC, caractérisé par la concentration du pouvoir politique à Kinshasa. Centre économique du pays, la capitale bénéficie, selon elle, d’investissements publics majeurs et d’opportunités économiques formelles, tandis que les villes secondaires demeurent faiblement dotées en ressources, dépendantes des transferts centraux, avec une faible autonomie fiscale, des données démographiques insuffisamment fiables et des institutions fragiles.
« La fragmentation fiscale, les tracasseries administratives, l’absence de données fiables et la vulnérabilité structurelle constituent les verrous du développement des villes secondaires », a-t-elle fait savoir.
Cette matinée scientifique a été organisée par le Corps de l’élite scientifique de l’Union pour la démocratie et le progrès social (CES-UDPS).
ACP/C.L.

