Kinshasa, 3 juillet 2026 (ACP).- Une coalition d’organisations de la société civile (OSC) a recommandé au Parlement de privilégier une mesure réglementaire plutôt que l’adoption d’une loi spécifique sur le projet Grand Inga, lors d’une conférence de presse organisée vendredi à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC).
«Pour les organisations de la société civile, si le Parlement tient à ce projet de loi relatif au Grand Inga, notamment en raison de quelques aspects positifs relevés dans le texte, nous lui recommandons d’en faire plutôt une mesure réglementaire», a déclaré Justin Mobomi, chargé de plaidoyer de la oalition des organisations de la société civile pour le suivi des réformes et de l’action publique (Corap).
Selon lui, la RDC dispose déjà d’une loi encadrant le secteur de l’électricité, laquelle a été révisée en février 2025, rendant ainsi peu pertinente l’adoption d’une législation spécifique consacrée au projet Grand Inga, rappellant que les centrales hydroélectriques d’Inga I et d’Inga II fonctionnent depuis plusieurs années et que l’électricité produite a déjà été exportée, notamment vers l’Afrique du Sud, sans qu’une loi particulière ait été nécessaire.
«Le fait que les infrastructures existantes aient été réalisées et exploitées sans l’adoption d’une loi spécifique démontre l’impertinence et l’inopportunité de la démarche actuelle», a-t-il soutenu, en se référant à la déclaration officielle présentée par les organisations de la société civile.
Des préoccupations sur les enjeux environnementaux et la gouvernanceLa Corap estime, par ailleurs, que le projet de loi en examen, de nature dérogatoire, appréhende principalement le fleuve Congo sous l’angle de sa valeur économique, tout en accordant une place limitée aux fonctions écologiques, à la pêche, aux valeurs culturelles ainsi qu’aux moyens de subsistance des communautés riveraines qui dépendent de cette ressource.
Le chargé de plaidoyer de la Corap a également fait observer que les importantes exonérations fiscales prévues dans le texte existent déjà dans la législation en vigueur relative au secteur de l’électricité.
S’agissant des prérogatives confiées à l’Agence pour le développement et la promotion du projet Grand Inga (Adpi-RDC), notamment à travers l’article 9 du projet de loi, la société civile a exprimé ses préoccupations quant aux risques d’insécurité juridique et de corruption qu’une concentration excessive des pouvoirs pourrait engendrer.
Au cours de cette rencontre avec la presse, les organisations membres de la Corap ont présenté une déclaration écrite reprenant leurs observations et recommandations sur le projet de loi relatif à la mise en œuvre du projet Grand Inga ainsi que sur les enjeux énergétiques qui y sont liés.
La Corap regroupe plusieurs organisations de la société civile engagées dans la défense des droits des communautés et la promotion de la bonne gouvernance dans la gestion des ressources publiques.ACP/ L

