Industrie d’ébénisterie en RDC: menace d’extinction de l’artisanat local et fuite des capitaux décelées

Kinshasa,  10 juillet 2025 (ACP).- La fuite considérable des capitaux et la menace d’extinction de l’artisanat local en ébénisterie en République démocratique du Congo (RDC), ont été décelées dans une thèse de doctorat défendue jeudi à la Faculté des Sciences de Gestion de l’Université pédagogique nationale (UPN).

« (…) On déplore la fuite considérable des capitaux, très néfaste pour une économie extravertie comme celle de la RDC, et la menace d’extinction de l’artisanat local en ébénisterie. Ce qui condamnera le pays à demeurer à jamais importateur des meubles en bois, une fatalité », a déclaré Makonga Zozo, récipiendaire et auteur de la thèse qui a recommandé la modélisation et la redynamisation de l’ébénisterie dans le pays.

Pour ce scientifique, cette étude, qui a porté sur l’« Industrie d’ébénisterie, chainon manquant de l’économie congolaise, constat, analyse et perspectives de refondation », a été motivée par le constat d’une carence des produits d’ébénisterie fabriqués localement sur le marché congolais, qui est dominé par les produits importés.

« Notre réflexion était motivée par un constat malheureux, du contraste d’un grand pays d’une superficie de 2.345.410 Km² au cœur de l’Afrique, avec 1.280.000 Km², soit 54% du territoire, couverts par l’une des plus grandes et denses forêts du monde, dotée d’inestimables essences des bois, mais dont le marché intérieur est inondé des meubles importés, de surcroit de mauvaise qualité », a-t-il dit.

« Ce secteur serait dominé par les meubles importés et qui, non seulement menaceraient l’artisanat local, mais aussi et surtout constituerait un manque à gagner au trésor public », a-t-il souligné.

Et de noter : « Face à ce paradoxe, nous avons tenté de déceler les causes et les conséquences éventuelles qui en découleraient ».

Selon cette étude, les causes de cette situation sont multiples et sont notamment liées à la qualité des produits d’ébénisterie présentés sur le marché local.

« Les meubles locaux mis sur le marché ne répondent pas au goût des consommateurs qui les accusent de défaut de finition (mauvais aspect). D’où leur engouement sur les meubles importés dont l’apparence (design) attire », a-t-il expliqué.

Makonga Zozo a, en outre, dit déceler deux « cercles vicieux » qui gangrènent ce secteur où les acteurs se rejettent la responsabilité.

« Les consommateurs rejettent les meubles locaux à cause du mauvais design (aspect) ; et les artisans accusent les consommateurs de les priver des recettes qui leur auraient permis d’acquérir d’outils modernes et adaptés », a-t-il fait savoir.

Promotion de l’industrie d’ébénisterie

Pour l’auteur de la thèse, les objectifs généraux de ce travail ont été de promouvoir l’industrie d’ébénisterie en vue d’exploiter à bon escient les potentiels que regorge la RDC en ressources forestières et de diversifier les opportunités de l’économie restée figée sur le secteur minier.

L’étude avait aussi pour vocation de formuler des recommandations susceptibles de relancer cette industrie et, partant,  embellir l’économie de la RDC de façon substantielle,  en s’inspirant de trois théories scientifiques.

« Il s’agit des théories des avantages absolus, d’Adam Smith, d’avantages comparatifs, de David Ricardo, et celle d’avantage concurrentiel (chaîne de valeurs), de Michael Porter », a expliqué le récipiendaire.

C’est avec une mention grande distinction que Zozo Makonga a été proclamé docteur en Sciences de Gestion.

ACP/JF

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