Kinshasa, 26 juillet 2026 (ACP).- Le renforcement de la gouvernance participative des comités d’élèves de la commune de Ngaliema, à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), à travers une meilleure formation, a constitué l’une des principales recommandations d’une thèse doctorale soutenue samedi à l’Université pédagogique nationale (UPN).
« La présente étude montre que la gouvernance participative des comités d’élèves améliore significativement la gestion de la discipline dans les écoles de la commune de Ngaliema. L’implication des élèves renforce le respect des règles, favorise la prévention des comportements indisciplinés et améliore le climat scolaire, surtout lorsque les membres des comités reçoivent formation, encadrement et ressources », a déclaré Guy Richard Muvu, auteur de la thèse.
Selon lui, l’étude, menée dans plusieurs établissements scolaires de la commune de Ngaliema au moyen de questionnaires et d’entretiens, a visait à évaluer le fonctionnement des comités d’élèves, leur contribution à la gestion disciplinaire et l’impact de leur gouvernance participative sur le climat scolaire.
Selon les résultats présentés, la deuxième hypothèse de recherche, relative au rôle des comités comme interface entre les élèves et les autorités scolaires, a été totalement confirmée, tandis que les première et troisième hypothèses n’ont été que partiellement validées.
« Les données mettent en évidence l’importance de la participation active des élèves dans la promotion d’un environnement éducatif inclusif et respectueux. Les comités des élèves jouent un rôle central non seulement dans le maintien de l’ordre scolaire, mais aussi dans l’apprentissage des valeurs démocratiques et le développement personnel des élèves », a expliqué le doctorant.
Les résultats ont révélé notamment que 72 % des membres des comités sont élus, avec un taux de participation au vote de 94 %. Par ailleurs, 79 % des élèves interrogés ont affirmé s’engager dans ces structures avant tout pour rendre service à leur école.
En matière disciplinaire, 50 % des répondants ont estimé que leur principale mission consiste à maintenir l’ordre dans les établissements, tandis que 26 % ont mis l’accent sur le respect du règlement intérieur.
Plus de 93 % des membres déclarent également participer à la gestion des projets scolaires et à la résolution des conflits.
Des défis persistent malgré des résultats encourageants
La recherche a relevé toutefois plusieurs insuffisances qui limitent l’efficacité des comités d’élèves, notamment le déficit de formation, la faible implication de certains élèves, ainsi que les réticences de certains enseignants et responsables scolaires à promouvoir une véritable éducation à la démocratie.
« Cependant, des défis subsistent, notamment l’insuffisance de la participation, des pratiques informelles perturbatrices, ou encore des lacunes dans la transparence et la responsabilité. Il est donc impératif de mettre en œuvre des mécanismes garantissant une gouvernance scolaire rigoureuse, respectueuse du règlement intérieur et conforme à l’arrêté instituant les comités des élèves en RDC », a recommandé le chercheur.
L’étude a souligné également que seuls 44 % des répondants connaissent l’arrêté ministériel instituant les comités d’élèves, ce qui justifie, selon son auteur, une large campagne de vulgarisation de ce texte.
Une série de recommandations formulées
Pour renforcer la gouvernance participative dans les écoles, le chercheur a recommandé notamment la vulgarisation de l’arrêté ministériel et de la loi-cadre sur l’enseignement, la participation effective des élèves aux conseils de discipline et aux organes de gestion, le renforcement de la formation des membres des comités, ainsi que l’instauration de mécanismes transparents de prise de décision.
La recherche a préconisé également la révision de certaines dispositions de l’arrêté ministériel n° MINEPSP/CABMIN/0310/2008 afin de mieux encadrer la destitution et le remplacement des responsables des comités d’élèves.
Enfin, l’auteur a proposé la création, au sein du Département de Gestion et administration des institutions scolaires et de formation de l’UPN, d’une option spécialisée consacrée à la formation des agents de discipline.
« La professionnalisation de la gestion disciplinaire ne saurait être dissociée de l’engagement des élèves eux-mêmes dans les instances de gouvernance scolaire, leur responsabilisation apparaissant comme une condition indispensable à la construction d’un climat éducatif inclusif et participatif », a-t-il conclu.
Après débat et délibération, le candidat a été proclamé docteur en sciences de l’éducation avec mention « La plus grande distinction ».
ACP/N./K.

