L’inclusion dans le mécanisme de suivi de campagne de solidarité recommandée à Kinshasa

Kinshasa, 28 août 2026 ( ACP).- L’inclusion dans le mécanisme de solidarité pour les victimes a été recommandée vendredi à Kinshasa capitale de la République démocratique du Congo (RDC), lors d’un point de presse des organisations de la société civile.

<< Vous voulez faire une campagne de trop sans la société civile, mais quelles sont les garanties que vous offrez qu’il aura la transparence contrairement à la situation que nous vivons aujourd’hui>>, a déclaré Mgr Pax André -Marie Kito Masimango, Coordonnateur national de la Coalition pour la Cour pénale internationale en RDC.

<< S’il y a la campagne c’est une chose qu’on lance mais la question qui revient c’est de voir le mécanisme de suivi. Il faudra qu’il y ait des acteurs de la société civile dans ce noyau qui sera mis en place pour le suivi. Ça va garantir à la population >>, a-t-il ajouté.

Ce prélat , également président international du Réseau d’accompagnement des victimes d’atrocités basé à Genève, a intervenu sur la campagne lancée par la ministre des Affaires sociales.

Selon lui, cette exigence n’est pas une innovation congolaise mais une pratique internationale observée même ches les partenaires de la RDC.

<< Ce n’est pas une innovation chez nous, c’est partout au monde . Même les États-Unis qui est notre partenaire dans les accords de paix de Washington, dans toutes ses missions, il y a toujours une délégation de la société civile qui représente le peuple >>, a-t-il ajouté.

Cette campagne de récolte de biens et de fonds vise à soutenir les populations victimes des conflits armés, des catastrophes naturelles et des épidémies.

Alerte sur la situation humanitaire et la protection des défenseurs des droits humains

Par ailleurs, Mgr Pax, a indiqué que la situation humanitaire dans l’Est de la RDC et la protection des acteurs de la société civile est également alarmante.

<< La conférence de presse d’aujourd’hui a été centrée sur ces deux points. Le bilan humanitaire en RDC, sont catastrophiques. Le droit international humanitaire est entièrement foulé aux pieds >>, a-t-il lancé.

Cette conférence selon lui, vise à alerter les autorités nationales, les institutions de la République et la communauté internationale sur le drame vécu par les Congolais réfugiés au Burundi, en Tanzanie et en Ouganda.

Le second volet relatif à la protection des défenseurs des droits de l’homme, a déploré le comportement de certains membres du gouvernement. Il a cité le cas de Mme José Rashidi , depuis avril aurait dénoncé l’inaction face au drame humanitaire de l’Est et qui s trouverait aujourd’hui, à la prison centrale de Makala.

Les leaders de la société civile disent avoir adressé un mémorandum au Président de la République et Chef de l’État, Félix Tshisekedi Tshilombo, garant des institutions et des lois , au regard de l’identité Constitutionnelle de la RDC comme État de droit.

<< La ministre Eve Bazaiba est allée en action judiciaire sur base d’imputation dommageable sur base de la vidéo produite par Mme José Rashidi, en dénonçant l’inaction et en insistant qu’au moment la ministre prenait la fonction, il y avait de l’argent dans la caisse de l’État et le gouvernement continue à donner encore d’autres moyens pour que le ministère puisse mettre en pratique la politique du gouvernement en rapport avec l’assistante humanitaire. Que la ministre puisse clarifié pourquoi son ministère n’intervient pas pour soulager les milliers de citoyens qui souffrent >>, a-t-il expliqué.

Selon lui, la défenseuse des droits humains aurait simplement demandé des clarifications.

<< Elle a demandé si l’argent serait affecté ailleurs, que la ministre puisse clarifié. Mme Rashidi, n’a fait que l’usage du droit constitutionnel. Les articles 23, 27 et 60 de la Constitution donnent à tout citoyen le pouvoir de demander une rédévabilité aux institutions. Depuis quand l’exercice d’un droit constitutionnel constitue une infraction. Il y aurait abus de pouvoir en violation de la loi 23/027 de 2023 portant protection des défenseurs des droits de l’homme en RDC >>, a-t-il dit.

Les leaders des organisations réclament également la libération immédiate de José Rashidi . Elles invoquent notamment l’article 25 de la Constitution relatif à la liberté d’expression, ainsi que le principe de gouvernance démocratique et de recevabilité.
Elles demandent par ailleurs que les lanceurs d’alerte bénéficient d’une protection effective dans l’exercice de leurs activités.

L’arrestation de José Rashidi , présentée comme une figure engagée dans la défense des droits humains, constitue l’élément déclencheur de cette démarche. Selon les informations avancées par les organisations, elle aurait été interpellée à la suite d’une invitation émanant du cabinet de la ministre Ève Bazaiba .
Cette requête intervient alors que Ève Bazaiba est régulièrement sollicitée sur plusieurs dossiers liés à la situation humanitaire en RDC.
Ces derniers mois, la ministre a notamment mené des actions en faveur des déplacés internes et des victimes des conflits armés dans l’Est du pays. Elle a également appelé à plusieurs reprises à la transparence dans la gestion des fonds miniers destinés aux communautés locales.

Son ministère intervient dans un contexte humanitaire particulièrement difficile, marqué par d’importants besoins parmi les populations affectées par les conflits, les déplacements et les différentes crises sociales.

Les organisations de la société civile contestent néanmoins certains aspects de la gestion de la ministre et dénoncent des pratiques qu’elles considèrent comme contraires à l’éthique et à la loi.

La balle se trouve désormais dans le camp de la Présidence de la République, appelée à examiner les différentes demandes formulées par le collectif.

L’évolution de cette affaire pourrait avoir des implications importantes aussi bien sur le plan politique que sur celui de la gouvernance du secteur humanitaire en RDC.

ACP/ Bas.

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