Kinshasa, 24 septembre 2026 (ACP).- L’intelligence artificielle soulève des questions de paix et de sécurité internationale, a fait savoir la ministre d’Etat aux Affaires étrangères de la République démocratique du Congo, à la réunion du conseil de sécurité de l’ONU, tenue à New York, selon une vidéo reçue jeudi à l’ACP.
« L’intelligence artificielle n’est plus seulement une question de progrès scientifique. Elle soulève désormais des questions qui touchent directement à la paix et à la sécurité internationales », a déclaré Thérèse Kayikwamba.
Elle a salué les jalons posés par l’ONU. Notamment les travaux réalisés sur une intelligence artificielle sûre et digne de confiance par le Groupe scientifique indépendant et Dialogue mondial sur sa gouvernance.
Pour la cheffe de la diplomatie congolaise, les risques sont multiples: vulnérabilités des infrastructures critiques, perte de contrôle humain dans les usages militaires, comportements imprévus des systèmes autonomes.
Une réalité qu’elle dit vivre en RDC. « Les technologies de surveillance et les drones occupent déjà une place croissante dans l’environnement opérationnel », a-t-elle martelé précisant qu’elles peuvent aider au suivi des cessez-le-feu ; elles peuvent aussi être détournées à des fins de reconnaissance militaire, de désinformation et de propagande.
« Aucune technologie n’est par elle-même un instrument de paix ou de conflit. C’est le cadre dans lequel elle est gouvernée qui détermine son impact », a-t-elle dit.
Elle a appelé à une triple responsabilité: des États pour établir des cadres juridiques et une supervision effective, des entreprises technologiques pour l’évaluation des risques, la traçabilité et la transparence, et de la communauté scientifique pour l’expertise indépendante. Au-delà, elle a plaidé pour une coopération internationale sur le partage des incidents graves et des évaluations de sûreté.
A l’en croire, « les pays en développement ne peuvent être réduits au rôle de simples utilisateurs de technologies conçues ailleurs ». L’IA, malgré son apparence immatérielle, repose sur des réalités matérielles: énergie, infrastructures et ressources naturelles.
Elle a rappelé l’initiative de la RDC lors de sa présidence du Conseil en juillet dernier, invitant à réfléchir à une gouvernance responsable des ressources naturelles pour prévenir les conflits.
« Si le Conseil de sécurité ne doit pas se substituer aux enceintes techniques, il doit anticiper les risques de l’IA pour la paix et défendre une gouvernance où les ressources qui rendent possible la révolution numérique contribuent aussi au développement des pays qui les produisent », a-t-elle conclu
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