RDC : un ouvrage collectif rend hommage à un  professeur émérite

Kinshasa, 24 septembre 2026 (ACP).- L’ouvrage  collectif intitulé, « Langues, sociétés africaines et développement », a rendu un hommage en mémoire à un professeur émérite lors de son vernissage jeudi, à l’Université pédagogique nationale (UPN),  à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC).

« Il est des vies qui s’éteignent dans le silence. Maintenant, la lumière continue de briller au-delà des ténèbres. Le professeur émérite Phocas Mayaka fut de celles-là », a déclaré Yvonne Ibebeke, rectrice de l’UPN, qui a souligné la portée de l’œuvre scientifique laissée par l’illustre disparu.

Elle a présenté cet ouvrage comme un trait d’union entre mémoire et avenir, héritage et espérance, estimant que les travaux du professeur Mayaka continuent de nourrir la réflexion et d’inspirer les générations futures.

Le professeur Raoul Ekwampok, co-auteur de l’ouvrage, a indiqué que l’ouvrage de 430 pages est issu des mélanges offerts au professeur émérite Phocas Mayaka à l’occasion de la commémoration du cinquième anniversaire de sa disparition, organisée les 19 et 20 août 2025.

« On ne commence pas une pyramide par son sommet, on commence par ses fondations », a-t-il indiqué, présentant la pyramide comme une métaphore de la construction du développement africain à partir de fondations solides.

Il a précisé que l’ouvrage collectif réunit des contributions de scientifiques de différentes institutions universitaires de la RDC et d’ailleurs, réparties en deux parties consacrées respectivement aux témoignages sur le disparu et aux articles scientifiques portant notamment sur les langues et les réalités africaines.

Le professeur Ekwampok a également relevé que l’ouvrage soumet à une lecture critique certains concepts utilisés dans l’étude des sociétés africaines, notamment ceux de « langue à tradition orale » et de « langue des sociétés primitives ».

Pour sa part, le professeur Yawindi, directeur du Centre de recherche interdisciplinaire de l’UPN, a axé son intervention sur la responsabilité de la communauté scientifique face aux défis du développement de la recherche en RDC.

Dans une allocution intitulée « La mort de Lucifer », il a utilisé la figure de Lucifer, présenté étymologiquement comme « porteur de lumière », pour symboliser la science appelée à éclairer et orienter la société.

« Je ne parle pas de la mort d’un personnage religieux, je parle symboliquement de la mort de la science comme lumière », a-t-il expliqué, estimant que la science en RDC connaît un affaiblissement auquel la communauté scientifique porte également une part de responsabilité.

De son coté, le professeur Yawindi a appelé les chercheurs congolais à interroger leur propre rapport à la science, leur engagement et leur application dans la production scientifique, tout en s’interrogeant sur la qualité de la formation universitaire.

ACP/Ns

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