Maroc : un premier sommet africain pour fédérer les compétences en santé (de notre Envoyé spécial Raoul Biletshi)

 Dakhla, 28 novembre 2025 (ACP).- Le premier sommet africain sur les systèmes de santé et la souveraineté sanitaire a été lancé vendredi à Dakhla, dans le sud du Maroc, lors d’une cérémonie organisée à l’Académie africaine des sciences de la santé.

Regroupant plus de 200 experts et chercheurs venus de divers pays d’Afrique, la presse nationale et internationale, dont l’Agence de presse de la République démocratique du Congo (ACP), ce premier sommet, organisé par la Fondation Mohammed VI des sciences et de la santé, vise notamment à mettre en place un réseau d’experts africains pour faire face aux épidémies et maladies auxquelles l’Afrique est confrontée.

«L’Afrique subsaharienne, à cause de son écosystème riche et diversifié, est confrontée à des risques croissants de transmission zoonotique liée à l’exploitation et à la consommation de faune sauvage, tels que les rongeurs, les chauves-souris et les primates no-humains. La population utilise ces viandes de brousse comme source principale de protéines animales. Les deux zoonoses qui constituent une menace majeure pour l’Afrique sont la maladie à Virus Ebola (MVE) et le Mpox. Le virus Ebola circule particulièrement dans les pays du bassin du Congo (souche Zaïre) et du bassin du Nil (souche Soudan) ainsi qu’en Afrique de l’Ouest», a déclaré le virologue de la RDC, docteur Jean-Jacques Muyembe, dans son exposé sur la «Cartographie des maladies infectieuses émergentes et endémiques en Afrique».

«La République démocratique du Congo est le pays le plus affecté par les épidémies de la maladie à Virus Ebola. La dernière épidémie en date est survenue en septembre 2025 à Bulape, au centre du pays dans une région déjà frappée en 2007-2009», a dit le docteur Muyembe, co-découvreur du virus Ebola en 1976 et co-inventeur de l’anticorps monoclonal « mAb114 », approuvé par l’agence américaine en charge de protection de la santé publique (FDA) comme traitement contre Ebola sous le nom commercial « Ebanga ».

D’autre part, «les anciennes maladies endémiques refont surface sous forme épidémique. C’est le cas de la diphtérie déclarée en Afrique du nord, de l’ouest, du sud et la corne de l’Afrique», a relevé le virologue congolais, avant de conclure son exposé sur un constat : «Le changement climatique et la mondialisation favorisent l’émergence et l’extension des épidémies des maladies à transmission vectorielle et hydrique dans les pays africains avec un système de santé peu performant».

 Des maladies non transmissibles en progression

Sur la même lancée de la cartographie des maladies en Afrique, les maladies non transmissibles (MNT), notamment les maladies cardiovasculaires, le diabète, les cancers et les maladies respiratoires chroniques ont été désignés comme «un véritable problème de santé publique en croissance en Afrique, où elles constituent une part de plus en plus importante de la morbidité et de la mortalité», par le malien Massama Konate, cardiologue et chercheur en sciences de la santé, dans son exposé sur la «Cartographie des maladies non transmissibles en Afrique : maladies métaboliques, cancers et santé mentale».

«Les maladies cardiovasculaires et les cancers sont en tête des MNT quelle que soit la zone géographique. Cette progression est liée à la transition démographique épidémiologique avec l’urbanisation accélérée, aux modifications des habitudes alimentaires, à la non maitrise de la pression artérielle, au tabagisme, à la pollution atmosphérique et aux inégalités d’accès aux soins», a dit Konate, indiquant qu’«une mutualisation des efforts est nécessaire avec des échanges entre les scientifiques des différentes régions afin d’améliorer la situation en Afrique».

Le programme de la deuxième journée samedi, a prévu d’aborder notamment la question de modèles organisationnels et gouvernance des systèmes de santé ainsi que la problématique du financement et de couverture sanitaire universelle en Afrique.

ACP/C.L.

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