Gungu, 12 février 2026 (ACP).- Tout le monde en parle et s’interroge sur des solutions à apporter aux graves érosions qui menacent en ceinturant dangereusement la cité de Gungu, chef-lieu du territoire éponyme dans la province du Kwilu, une entité aujourd’hui en sursis, dans le Sud-ouest de la République démocratique du Congo (RDC).
Encerclée par une cinquantaine de « têtes » d’érosions spectaculaires, la cité de Gungu est face à une réelle menace d’isolement total, pouvant lui faire perdre sa position de cordon ombilical économique qui la relie à l’Angola voisin.
En effet, le relief accidenté et montagneux de Gungu comparable presqu’à celui de la Suisse et autrefois une force paysagère, est devenue sa principale vulnérabilité. Sous l’effet conjugué des pluies torrentielles répétitives et de la nature sablonneuse du sol, des ravins et falaises béants progressent chaque jour vers la cité. « Ces monstres de terre » ceinturent désormais la cité historique, grignotant les quartiers résidentiels et les infrastructures publiques.
Selon des sources ecclésiastiques et médicales contactées mercredi à Gungu, si aucune intervention d’envergure n’est entreprise par les autorités gouvernementales, plusieurs bâtiments administratifs, des écoles, voire des habitations de paisibles citoyens pourraient disparaître d’ici la fin de la saison des pluies.
L’ouverture récente d’un bureau de l’ACP à Gungu témoigne de la volonté du Directeur général de cette agence de presse, Bienvenu-Marie Bakumanya, et de son adjoint, Jean-Médard Liwoso, d’alerter régulièrement l’opinion sur de telles informations de proximité.
Des catastrophes naturelles et tant d’autres réalités locales souvent inexploitées sont parmi les thématiques à exploiter par la jeune antenne de l’ACP-Gungu dont le drame réside dans sa configuration géographique actuelle. En effet, la cité historique ne dispose que d’une seule voie d’accès viable, qui mène vers la frontière angolaise, entourée d’érosions épouvantables, capables d’emporter un jour cette cité chère à feu le Premier ministre Antoine Gizenga. Des érosions l’acculent de toutes parts.
Mercredi dernier, une brochette de journalistes de l’ACP, revenant d’une mission de service à Gungu, a failli passer la nuit à la belle étoile, n’eût été l’intervention d’une ONG locale, à la suite de l’interruption du trafic sur cet axe routier consécutive au renversement d’un gros véhicule de transport des personnes et de leurs biens, à 6 km de la cité de Gungu, à cause du mauvais état de cette voie routière, dépourvue de voies secondaires.
Malgré son état, c’est sur ce seul axe routier vital que les véhicules sont obligés de rouler à leur risque et péril. C’est par elle que transitent les produits manufacturés, le carburant et divers biens de grande consommation en provenance d’Angola voisin, stabilisant ainsi le marché local.
L’avancée inexorable des érosions menace donc de couper avec le temps cet axe névralgique de ravitaillement. Une rupture de cette voie signifierait, en tout cas, l’asphyxie économique totale pour une population déjà fragilisée et découragée. Pour preuve : les prix des denrées ont commencé à fluctuer au rythme des alertes sur l’état de cette route en terre battue.
Conséquences socioéconomiques alarmantes.
En effet, au-delà de l’aspect sécuritaire, les conséquences restent multiples ou multidimensionnelles.
Dans le cadre de l’économie de survie, le commerce transfrontalier, moteur de l’économie locale, reste paralysée à chaque forte pluie ou tornade.
Concernant la précarité sociale, il a été constaté que des familles entières sont vouées à l’errance après la perte de leurs habitations englouties par des ravins ou glissements impitoyables de terrain.
Sur le plan de la santé et de l’éducation : l’accès aux centres de santé et aux établissements scolaires devient un parcours de combattant, les routes intérieures étant souvent entrecoupées de précipices.
Face à ce péril imminent, les autorités territoriales et la Société civile plaident pour le lancement urgent des travaux de lutte antiérosive, faute de quoi, Gungu est appelée à disparaitre à cause de ces graves érosions face auxquelles, il faut déjà prendre des dispositions idoines pour mériter la confiance de la population du coin.
ACP/

