Ouest-RDC : « Intégrer les pratiques traditionnelles de réconciliation dans la résolution des conflits communautaires » (Société civile)

Kinshasa, 16 avril 2026 (ACP).- L’intégration des pratiques traditionnelles de réconciliation  dans la résolution pacifique des conflits communautaires dans l’Ouest de la République démocratique du Congo, a été recommandée au gouvernement congolais par une  organisation de la société civile,   lors d’un entretien jeudi avec l’ACP.

« Je vous assure que la plupart des chefs coutumiers que nous rencontrons à Maluku et Kwamouth attendent impatiemment ce dialogue pour réparer les dégâts et faire la paix, une fois pour toute. Il faut des cérémonies traditionnelles pour ça », a insisté Gustavine Mboyo, experte en cohésion sociale de la commission Justice et Paix de l’Archidiocèse de Kinshasa (JPARCHIKIN). Cette structure des membres du Consortium Lisanga, regroupant plusieurs organisations non-gouvernementales est active dans les provinces de l’Ouest du pays et dans l’Est de Kinshasa.

Au cours de cet entretien axé sur les enjeux de la cohésion sociale dans la crise de Mobondo,  Mme Mboyo a recommandé l’organisation d’un dialogue intercommunautaire structuré regroupant toutes les couches sociales locales.

« Il faudrait mettre en place des plateformes de dialogue multi-acteurs (communautés, chefs coutumiers, femmes, jeunes, autorités locales), afin de reconstruire la confiance et promouvoir des mécanismes locaux de résolution pacifique des conflits », a-t-elle soutenu.

D’après son organisation, la construction de cette cohésion sociale demande de favoriser l’implication citoyenne, d’assurer l’égalité et de créer des espaces d’échange pour un « vivre-ensemble » durable.

 La JPARCHIKIN recommande d’appuyer la mise en place de dispositifs locaux transparents de gestion des conflits fonciers, incluant la cartographie participative, la médiation communautaire et le renforcement des capacités des autorités locales. « La sécurisation des droits fonciers est essentielle pour prévenir la récurrence des violences », a souligné l’experte.

Enfin, dans le souci de promouvoir la cohésion sociale et combattre les discours de haine, la structure a recommandé au gouvernement de développer des campagnes de sensibilisation, des programmes d’éducation à la paix et des initiatives communautaires visant à déconstruire les stéréotypes, prévenir la radicalisation et promouvoir le vivre-ensemble. Répondant à la question sur les réalisations du Projet Lisanga  en matière de Cohésion sociale dans ses zones d’intervention,  l’experte  a indiqué que le Consortium Lisanga a réussi à réconcilier les communautés de Dumi-Molokaï et Nkomo Chasseur ainsi que celles de Mongata et Mfumu-Nkento. Divisées depuis 2022 par la crise de Mobondo, ces communautés se sont engagées  à faire la paix et à organiser des activités connectives pour renforcer leurs liens.

ACP/

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